Inédit : l’avocat Kader Houali plaide en kabyle au tribunal de Constantine

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L'avocat Kader HOUALI
L'avocat Kader HOUALI

ALGERIE (TAMURT) – Fait inédit, sans doute dans les annales de la justice algérienne, où aucune langue autre que l’arabe classique n’est admise dans les plaidoiries des avocats. L’avocat Kader Houali a défié le pouvoir algérien, arabo-islamique, en faisant son intervention, intégralement, dans la langue kabyle.

Il s’agit d’un acte courageux voire héroïque car des avocats plus connus et ayant un long parcours n’ont pas réussi l’exploit de Kader Houali. Ce dernier entrera sans doute dans l’histoire pour avoir fait ce qu’aucun autre de ses confrères n’a pas osé concrétiser. Pourtant, la loi et la Constitution algériennes sont du côté de tout avocat qui prendra l’initiative de plaider en kabyle dans les tribunaux puisque depuis 2016, la Constitution algérienne stipule « que tamazight est langue nationale et officielle ». Kader Houali a donc saisi le fait que la loi soit de son côté pour passer à l’acte courageusement.

Dans une déclaration rendue publique hier par l’avocat Kader Houali, ce dernier souligne : « Mon plaidoyer en kabyle dans le procès de Mazigh Semmani au tribunal de Constantine a suscité beaucoup de réactions, entre ceux qui ont applaudi et ceux qui m’ont demandé pourquoi n’ai-je pas plaidé en arabe ». Le concerné ajoute que son attitude découle de ses convictions personnelles. Kader Houali souligne en outre : « Faut-il rappeler que Tamazight est instituée langue nationale et officielle et il est de mon devoir de contribuer à la promotion de ma langue, ne serait-ce que par des plaidoyers dans l’exercice de mon métier. Aussi, je pense à tous ces analphabètes de la langue arabe qui sont souvent torturés dans les tribunaux avec une langue qu’ils ne comprennent pas. Je pense à ces grands-parents et ces grands-mères qui se voient obligés de demander un traducteur dans des procès qui les engagent. Être militant de l’identité ne consiste pas seulement à le crier dans les marches, ce sont des gestes pareils qui peuvent contribuer à l’officialisation effective de Tamazight. Plutôt que de me poser des questions pourquoi je l’ai fait, il va falloir suivre l’exemple et inventer des actions similaires pour introduire Tamazight de façon efficace dans notre quotidien, à l’administration comme partout ailleurs ».

Le courageux et digne avocat Kader Houali conclut en s’engageant : « Je continuerai à plaider en Tamazight (Kabyle) à chaque fois que l’occasion se présente. Cela fait partie de mon combat et de mon engagement ».

Tarik Haddouche

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