Les villes de Kabylie ont encore marché hier

Hirak, Kabylie
Hirak, Kabylie

KABYLIE (TAMURT) – Alors que dans la majorité des autres grandes villes algériennes, le nombre de manifestants qui battent le pavé chaque vendredi est en nette baisse, dans les chefs-lieux des trois wilayas kabyles, on assiste à la même ambiance de marches grandioses. Des marées humaines ont manifesté aussi bien à Bgayet, à Tizi Ouzou qu’à Bouira .

Pour la 38ème fois de suite, des marches grandioses ont été enregistrées dans les principales villes kabyles dénonçant le pouvoir algérien et sa persistance à tenir l’élection présidentielle en la journée du jeudi 12 décembre prochain malgré l’opposition populaire. En même temps, d’autres grandes villes du pays commencent à enregistrer des contremarches ayant pour mot d’ordre le soutien indéfectible de l’armée algérienne et l’adhésion massive à la même présidentielle vilipendée ailleurs. Aussi bien à Bgayet qu’à Tizi Ouzou et Bouira, les dizaines de milliers de manifestantes et de manifestants ont réaffirmé ce vendredi 8 novembre leur attachement à leurs positions consistant en le départ de tous les symboles de l’ancien système politique qui a gouverné le pays durant les deux décennies noires du règne d’Abdelaziz Bouteflika.

Ces dernières semaines, nous avons constaté que les manifestants focalisent leurs slogans sur l’actuel chef d’état-major de l’armée algérienne Ahmed Gaid-Salah et semblent abandonner un tant soit peu la revendication inhérente au départ de Abdelkader Bensalah, actuel chef de l’état par intérim et Nourredine Bedoui, Premier ministre désigné par Said Bouteflika, frère de l’ex-président de la République. Les manifestants ont profité des manifestations de ce vendredi afin d’exiger la libération de tous les manifestants incarcérés pour détention du drapeau amazigh ainsi que de l’ancien maquisard Lakhdar Bouregâa et de Karim Tabou, président de l’Union Démocratique et Sociale (UDS), parti politique non-agréé. En outre, nous avons appris que de nombreux manifestants ont été arrêtés hier à cause du fait qu’ils étaient en possession du drapeau berbère.

Tarik Haddouche