Kabylie : la police tire des balles en caoutchouc

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Affrontement police/kabyles à Tichy Kabylie
Affrontement police/kabyles à Tichy Kabylie

KABYLIE (TAMURT) – Ce qui était prévisible depuis plusieurs semaines et tant redouté par plusieurs observateurs lucides s’est produit en ce lundi 18 novembre en Kabylie. La police a fait usage de balles en caoutchouc pour disperser des manifestants devant le siège de la daïra de Tichy, Bgayet, blessant trois citoyens.

C’est donc le début de l’escalade en Algérie. En pleine campagne électorale pour la présidentielle du 12 décembre, l’Algérie plonge désormais dans un climat de violence inévitable, faut-il le rappeler compte tenue de l’absence totale de perspectives et de sortie de crise depuis le 22 février dernier. Des citoyens qui manifestaient contre la tenue des élections présidentielles devant le siège de la daïra de Tichy ont été pris à partie par un convoi de la police anti-émeutes qui a fait usage de bombes lacrymogènes mais aussi de balles en caoutchouc afin de disperser les citoyens qui voulaient fermer le bureau des élections dans l’enceinte du siège de la daïra de Tichy.

Cet incident, premier du genre depuis le début des événements du 22 février 2019 en Algérie, n’est pas le seul acte teinté de violence à être enregistré dans le pays. En effet, des affrontements, parfois physiques, ont eu lieu surtout depuis le début de la campagne électorale pour les élections présidentielles du 12 décembre prochain notamment dans les chefs-lieux des wilayas et dans les grandes villes où les cinq candidats se sont rendus pour y animer des meetings ou des rencontres de proximité.

La situation devient donc beaucoup plus tendue qu’elle ne l’était il y a quelques jours. Les risques d’affrontements entre les pro-élections présidentielles et les anti-élections présidentielles sont les plus appréhendés et les plus redoutés. Mais il y a aussi fort à craindre que ce qui s’est passé en ce lundi à Tichy se reproduise un peu partout puisque rien ne garantit que la situation se calmerait et ne se compliquerait pas davantage au fur et à mesure que l’on se rapproche de la date de la tenue des élections présidentielles. Dans le cas où la situation dégénère de façon ingérable, l’armée algérienne interviendra et instaurera inéluctablement l’état d’exception et l’état d’urgence.

Et c’est l’armée qui dirigera le pays d’une main de fer à défaut d’un véritable président élu démocratiquement.

Tarik Haddouche

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