Présidentielle : aucun signe de campagne électorale à Tizi Ouzou

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affichage des élections

KABYLIE (TAMURT) – Au troisième jour de la campagne électorale pour les élections présidentielles du 12 décembre 2019, aucun signe ostensible, ni même discret n’est visible dans la wilaya de Tizi Ouzou et qui pourrait indiquer que l’on est de plain-pied en phase pré-électorale. Il n’y a aucune trace de cet événement ni au chef-lieu de wilaya ni dans aucune des 67 communes que compte la wilaya de Tizi Ouzou.

Il s’agit d’un fait inédit dans les annales des élections dans la région car même quand des élections avaient été organisées dans le passé et que la Kabylie leur tournaient le dos, il s’en trouvait toujours des cercles locaux qui assuraient un service minimum constitué notamment des relais du pouvoir comme le FLN et le RND mais aussi d’un parti politique créé par les généraux et qui a toujours cautionné le pouvoir d’une certaine manière en campant le rôle d’opposant tout en ayant un pied permanent et fidèle dans les sphères du même pouvoir. Un parti politique qu’il est inutile de citer puisque le lecteur lucide le reconnaitra facilement. Cette fois-ci et compte tenue de la conjoncture extrêmement confuse, teintée de violence et du spectre permanent de confrontation physique, le courage manque à tous ceux voudraient prêter main forte au système pour assurer ce service minimum dans la région de Kabylie. Aucune activité, aussi petite soit-elle, n’est annoncée dans la wilaya de Tizi Ouzou par aucun des cinq candidats en lice pour la présidentielle. On ne sait même pas si ces candidats disposent d’un directoire de campagne dans la wilaya de Tizi Ouzou ni de représentants.

Il est fort possible qu’ils en disposent mais les membres de ce directoire n’ont pas le courage de s’afficher ne serait-ce que via les réseaux sociaux très en vogue par les temps qui courent. Dans les sièges des administrations censées superviser cette élection, notamment les APC, les daïras et la wilaya, l’heure n’est pas, non plus, à ces élections puisque toute tentative de faire un pas dans le sens de l’organisation de la présidentielle du 12 décembre 2019 est vite avortée par des groupes de citoyens qui se mobilisent immédiatement afin de s’y opposer. Un scénario qui ressemble un tout petit peu à celui auquel nous assistons actuellement a été vécu en Kabylie lors des élections municipales et législatives de 2003. Pour rappel, des affrontements physiques avaient eu lieu à l’époque dans plusieurs communes de Kabylie entre les partisans de leur tenue et les opposants à ces élections car les blessures du drame du printemps noir de 2001 étaient encore non pansées. Pour l’instant, le mystère demeure tout entier quant à l’attitude qu’adoptera le pouvoir à l’égard de la Kabylie en l’absence de toute possibilité sérieuse d’y organiser des élections.

Le pouvoir algérien ira-t-il jusqu’à valider une présidentielle avec une participation de 0 % en Kabylie. Tout est possible car la Constitution algérienne n’exige pas un taux de participation minimal pour valider une élection. La même loi n’exige pas une participation selon les wilayas et les régions. Certes, il se trouvera des observateurs qui diront qu’une telle élection accouchera d’un président de la République illégitime. Mais l’Algérie a-t-elle jamais eu un président légitime depuis Ben Bella jusqu’à Bouteflika, ou plutôt jusqu’à Bensalah ?

Tarik Haddouche

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