Emeutes à Larbaa Nat Irathen : l’ombre du printemps noir de 2001

KABYLIE (TAMURT) – Après Tichy et Bouira, entre autres, c’est la ville de Larbaa Nat Irathen qui a vécu hier une journée d’émeutes, parfois violentes, entre les citoyens et la police dite anti-émeutes. On déplore plusieurs blessés suite aux tirs de bombes lacrymogènes.

L’ombre des souvenirs dramatiques du printemps noir de 2001, ayant fait plus de cent morts, réapparait de nouveau puisqu’on assiste presqu’au même scénario. Tout a commencé d’abord par des manifestations pacifiques suivies d’une montée progressive de la violence verbale et enfin l’apparition des premiers affrontements physiques. Des appels au calme et à la sagesse ont encore fusé hier à l’explosion de violence ayant été enregistrée dans la ville de Larbaa Nath Irathen mais même en 2001, il y en a eu aussi. La suite, tout le monde ou presque s’en souvient. Cette fois-ci, le risque est encore plus grand car la crise est beaucoup plus grave en l’absence d’un président de la République depuis plus de neuf mois et alors que la majorité des institutions étatiques souffrent cruellement du manque de crédibilité et de légitimité.

Notre journal, depuis plusieurs mois, n’a eu de cesse de lancer des appels à la vigilance pour ne pas tomber dans le même piège pour la énième fois. Malheureusement, ce qui a été appréhendé dans ces mêmes colonnes commence à se produire et risque encore de faire tâche d’huile dans les tout prochains jours à l’approche de la date des élections présidentielles du 12 décembre 2019. Hier, les émeutes ont éclaté alors que la ville de Larbaa Nath Irathen était paralysée à 100 % suite à une grève générale massivement suivie. Une marche a également eu lieu avant que la situation ne dégénère.

Tarik Haddouche