Les avocats et les étudiants ont manifesté à Tizi Ouzou

Greve en Kabylie
Greve en Kabylie

KABYLIE (TAMURT) – Au lendemain de la fin officielle de la campagne électorale et à quarante-huit heures de l’élection présidentielle, plusieurs manifestations, ayant drainé des milliers de citoyens, ont eu lieu un peu partout dans les régions de Tizi Ouzou, Bgayet et Bouira hier. A Tizi Ouzou, deux marches se sont déroulées hier mardi 10 décembre au centre-ville.

La première marche a été celle des avocats qui ont choisi de battre le pavé pour dénoncer, encore une fois, le maintien de la présidentielle en dépit du rejet populaire massif exprimé depuis plusieurs mois. Des dizaines d’avocats, dont le bâtonnier de Tizi Ouzou, Salah Brahimi, ont pris part à cette énième marche des robes noires. Ces derniers ont profité de cette marche pour rappeler qu’ils soutiennent à fond la « mouvement populaire qui vise à exiger le départ du système ». La marche s’est déroulée dans un cadre pacifique et aucun incident n’est à déplorer. Il en a été de même de la marche organisée par les étudiants de l’université de Tizi Ouzou auxquels se sont joints des citoyens qui se trouvaient dans la ville de Tizi Ouzou, également hier. La manifestation s’est ébranlée du campus universitaire de Hasnaoua vers le carrefour Matoub-Lounès à la sortie ouest de la ville. Les manifestants ont exprimé leur dénonciation du maintien de la présidentielle prévue demain. Il faut rappeler qu’à sa troisième journée, la grève générale ayant paralysé tous les secteurs d’activité publics et privés, commerces, transports, éducation, université, postes et banques, usines, etc. s’est poursuivi hier pour la troisième journée consécutive.

La grève a été suivie à 100 % dans les deux wilayas de Bgayet et Tizi Ouzou et dans toutes les communes kabylophones des wilayas de Bouira, Boumerdès, Sétif et Bordj Bou Arreridj. Dans le reste de l’Algérie, la grève n’a pas été suivie et tout a fonctionné le plus normalement du monde y compris dans les chefs-lieux des communes de Boumerdès, Bordj Bou Arréridj et Sétif. Toute la Kabylie retient son souffle à 24 heures de la tenue de la présidentielle et de folles rumeurs circulent concernant une probable répression massive. Mais jusque-là, il ne s’agit que de supputations voire de spéculations. Toutefois, rien n’est à écarter dans un contexte aussi fragile et délétère.

Tarik Haddouche