La Kabylie doit prendre son propre chemin

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Kabylie
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KABYLIE (TAMURT) – La plus grande et la plus importante leçon qu’ont tirée les citoyens de la Kabylie après la mascarade électorale du 12 décembre dernier, c’est que désormais, ils doivent définitivement tirer un trait sur le passé et prendre leur destin en main. Les citoyens de la Kabylie ont constaté qu’ils ont perdu trop de temps à se battre seuls pour les autres.

Le fait que c’est seulement en Kabylie que l’élection présidentielle n’a pas eu lieu a conforté les citoyens de Kabylie dans ce qui doit désormais être leur nouvelle feuille de route. Les kabyles qui ont encore cru depuis le 22 février dernier que le système politique du FLN et de ses relais pouvaient être éjectés en impliquant tous les citoyens algériens ont fini par conclure que c’est loin d’être le cas. Car au moment où la mobilisation en Kabylie contre le pouvoir allait crescendo, ailleurs, l’heure était à la préparation des élections présidentielles du 12 décembre. Ce vote s’est tenu dans tout le pays hormis en Kabylie où les citoyens sont restés fidèles au serment du 16 février dernier dont la base fondamentale était le départ de tous les symboles du pouvoir au du moins de l’ancien système, celui de Bouteflika.

Mais il se trouve aujourd’hui que le nouveau président de la République n’est autre qu’un membre du comité central du FLN, un ancien ministre et Premier ministre ayant travaillé sous les ordres de Bouteflika pendant des années. Ni Abdelkader Bensalah ni Noureddine Bedoui n’ont quitté leurs postes et c’est leur houlette que la présidentielle a été organisée. Le fameux slogan inhérent au départ des trois B., qui avait le vent en poupe lors des premières semaines après le 16 février, est tombé à l’eau hormis en Kabylie.

Aujourd’hui, on se retrouve avec un président, un Premier ministre et toute une équipe dirigeante qui est une partie de celle de Bouteflika. Où est donc le changement dans tout ça ? Même Abdelaziz Bouteflika, responsable de la catastrophe que vit le pays, a voté par procuration jeudi dernier. Les kabyles sont désormais déterminés à changer de fusil d’épaule. Ils doivent dorénavant faire cavaliers seuls. C’est la seule solution. Et elle s’est imposée de fait à eux. La mobilisation spectaculaire enregistrée, hier vendredi, au lendemain de la présidentielle dans toutes les grandes villes kabyles (Bgayet, Tizi Ouzou, Bouira…) montre que rien n’est encore perdu et que la présidentielle est un non-événement en Kabylie.

Mais c’est la suite qui sera donnée à cette étape historique dans le combat de la Kabylie qui est la plus déterminante. Laisser échapper cette opportunité unique, c’est priver la Kabylie d’une sortie salutaire vers un avenir meilleur et prospère tant attendu par plusieurs générations.

Tarik Haddouche

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