Tizi Ouzou : le pouvoir refuse d’attribuer le nom de Abane Ramdane…

8
Abane Ramdane
Abane Ramdane

TIZI OUZOU (TAMURT) – Comme tout le monde le sait, le pouvoir algérien continue de bannir, de la mémoire collective, les noms de nombreuses grandes figures de la Révolution pour l’indépendance. Celui de Abane Ramdane figure parmi les plus indésirables chez le pouvoir.

L’ancien officier de l’ALN, Ouali Ait Ahmed, l’a confirmé encore hier, vendredi, en marge de la commémoration du soixante-deuxième anniversaire de l’assassinat de Abane Ramdane, le 27 décembre 1957, dans la ville marocaine Tétouan suite à une décision prise par Abdelhafid Boussouf, Krim Belkacem et Lakhdar Bentobal. Lors de la cérémonie qui a eu lieu hier matin devant la statue de Abane Ramdane à Oued Aissi, à sept kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou, Ouali Ait Ahmed a fait encore une révélation qui confirme que le pouvoir algérien ne porte toujours pas en odeur de sainteté l’architecte du congrès de la Soummam. Ouali Ait Ahmed a révélé que depuis dix années, une demande officielle a été faite à toutes les autorités concernées et habilitées afin d’attribuer le nom de Abane Ramdane au pôle universitaire de Tamda (université Mouloud-Mammeri). Mais à ce jour, aucune suite favorable n’a été donnée à cette demande, laquelle, selon Ouali Ait Ahmed toujours, fait l’unanimité chez l’ensemble des anciens combattants de l’ALN de la wilaya de Tizi Ouzou qui sont d’ailleurs derrière cette initiative.

Le pouvoir algérien évite toujours de donner le nom de personnalités qui ne cadre pas avec le moule idéologique qu’il veut imposer à l’Algérie, à des infrastructures de grande importance. En dehors des rues et des établissements scolaires, les noms des personnalités classées persona non grata sont évités quand il s’agit de baptiser des infrastructures importantes et grandioses comme les universités ou les grandes infrastructures comme les stades. Pour être honnête, il faut toutefois rappeler que dans la foulée des tentatives de séduire, vainement d’ailleurs, la Kabylie, Abdelaziz Bouteflika avait décidé dès son intronisation en 1999, par les généraux, de baptiser l’aéroport de Bgayet au nom de Abane Ramdane.

Le refus d’accorder le nom de Abane Ramdane au campus universitaire de Tamda démontre à quel point le choix des noms de personnalités à donner aux infrastructures universitaires ne fait pas l’unanimité chez les décideurs algériens. A ce jour, aucune infrastructure importante ne porte le nom de Matoub Lounès, ni de Mouloud Feraoun ou encore de Taos Amrouche, Jean Amrouche, Slimane Azem, Malek Ouary, Mohamed Arkoun…

Tarik Haddouche

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici