Des chefs de dairas sanctionnent des manifestants à Bgayet

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Daira d'Aokas
Daira d'Aokas

KABYLIE (TAMURT) – Des travailleurs et des syndicalistes qui ont pris part aux manifestations hebdomadaires qui se déroulent dans la ville de Bgayet ainsi que dans plusieurs autres villes de la Kabylie, depuis près d’une année, viennent d’être sanctionnés par des chefs de dairas, a-t-on appris.

« Des chefs de daïra de la wilaya de Bejaïa sortent leurs griffes », dénonce le café littéraire de Bgayet dans un communiqué rendu public hier portant la signature de Kader Sadji, journaliste et responsable de ce café littéraire. Ce dernier a en effet révélé que des fonctionnaires de plusieurs daïras, notamment des syndicalistes, viennent de faire l’objet de sanctions administratives principalement en raison de leur participation aux marches de la communauté universitaire, tenues tous les mardis. Des retraits sur leurs salaires, avec effet rétroactif, viennent d’être effectués, est-il encore précisé.

La même source a cité le cas de la cheffe de daïra d’Aokas qui « serait celle qui a instruit ses collègues de la côte Est pour procéder à ces sanctions utilisées comme moyen de pression pour affaiblir les marches du mardi ». Le même communiqué souligne : « Au lieu de demander aux fonctionnaires des daïras de justifier leur absence pendant les journées de mardi, les chefs de daïra feraient mieux de justifier leur présence là où ils sont. A quoi servent en effet les daïras si ce n’est pour entraver les « élus du peuple » et empêcher toute expression libre dans leurs circonscriptions territoriales. Tout le monde connait leurs méfaits : interdiction de conférences, protection des mafias locales, encouragement des politiques de contre-développement… ». Par ailleurs, ajoute-t-on, les daïras, en tant qu’institutions officielles dont l’objectif politique sournois de leur présence est de domestiquer les élus et les citoyens en général, doivent disparaître.

« Elles n’ont aucune raison d’être. Seule une assemblée municipale, véritable émanation du peuple, a droit d’exister et de jouer le rôle qui est le sien. C’est donc la mairie qui doit détenir le pouvoir réel. Les chefs de daïras et les walis, les actuels potentats imposés par l’armée et orientés par la police politique, sont de véritables facteurs de sous-développement, d’abus de pouvoir et de corruption. Un nouveau mode de gestion des affaires publiques doit remplacer impérativement celui qui devrait rendre l’âme tôt ou tard. L’ère de la démocratie directe naîtra des ruines de l’ancien système », conclut le même communiqué, rendu public le jour même de la tenue d’une nouvelle marche des étudiants de l’université « Abderrahmane Mira » de Bgayet.

Tarik Haddouche

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