Tizi Ouzou : 25ème anniversaire de l’assassinat de Nabila Djahnine

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Nabila Djahnine
Nabila Djahnine

KABYLIE (TAMURT) – Le sacrifice de Nabila Djahnine et de tant d’autres militants de la mouvance démocratique et berbérophone a-t-il été vain ? C’est la question que la majorité des observateurs se posent aujourd’hui en constatant qu’aucun des idéaux pour lesquels ces martyrs ont sacrifié leur vie n’a été réalisé. Nous sommes toujours face au même pouvoir et face au même projet de société obscurantiste et rétrograde.

Même les martyrs de la démocratie sont tombés dans l’amnésie suite à la concorde civile et nationale décrétée au détriment des victimes de la barbarie intégriste. Aujourd’hui, c’est le 25ème anniversaire de l’assassinat de la militante Nabila Djahnine qui n’avait que 30 ans quand les monstres qui éteignent les étoiles ont décidé de mettre un terme à sa vie. Le drame et la mauvaise nouvelle ont secoué toute la Kabylie un certain funeste 15 février 1995. Nabila Djahnine était membre du comité des cités universitaires de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou où elle avait poursuivi ses études supérieures en architecture. Toujours au chapitre du militantisme, elle a été membre fondatrice du Syndicat national des Etudiants algériens.

Elle a été une actrice active dans la préparation et lors du déroulement des travaux des deuxièmes assises du MCB (Mouvement culturel berbère) visant, faut-il le rappeler, à faire pression afin d’exiger du pouvoir algérien la reconnaissance politique de la langue et culture amazighe. Bien évidemment, Nabila Djahnine était très engagée dans la lutte pour les droits de la Femme notamment dans les rangs de l’Association pour l’Emancipation de la Femme, dont elle fût membre-fondatrice au début des années quatre-vingt-dix. Elle était également un pilier de l’association « Tighri n tmettut » très active dans les années quatre-vingt-dix. D’ailleurs, au moment de son assassinat, elle était la présidente de cette association. Sur le plan partisan, Nabila Djahnine était dans les rangs du Parti Socialiste des Travailleurs. Son assassinat allait avoir lieu dans la ville de Tizi Ouzou qui commençait à plonger de plain-pied dans la violence terroriste qui a vu des dizaines de militants de la démocratie assassinés au cœur même de la ville de Tizi Ouzou entre 1994 et 1998.

La majorité écrasante de ces martyrs est aujourd’hui oubliée. Aujourd’hui, la commémoration de l’anniversaire de la mort de Nabila Djahnine se limitera à une modeste évocation qui aura lieu à partir de 13 heures à la cinémathèque de la ville de Tizi Ouzou.

Tarik Haddouche

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