Bgayet : Djamel Zenati propose de remplacer les marches par des grèves

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Djamel Zenati
Djamel Zenati

BGAYET (TAMURT) – Djamel Zenati, ancien animateur actif du Mouvement Culturel Berbère et ancien cadre du FFS (Front des Forces Socialistes), a proposé, hier, de remplacer les marches du vendredi par des grèves hebdomadaires qui seront observées tous les mardis.

Dans sa sortie médiatique effectuée hier, Djamel Zenati, ancien détenu du printemps berbère d’avril 1980, a rappelé que le coronavirus se propage à une vitesse exponentielle et touche désormais l’ensemble de la planète et il s’agit bel et bien d’une pandémie : le danger est réel. « Dans le cas de l’Algérie, ajoute Djamel Zenati, cette pandémie doit interroger davantage les consciences eu égard à l’état de délabrement de nos structures sanitaires et l’irresponsabilité des gouvernants. Les institutions en place ont été imaginées et construites dans la seule perspective de contrôler et réprimer les populations et non les protéger ». Pour Djamel Zenati, le peuple doit compter sur lui-même : il doit, par son inventivité et son esprit de combativité, inventer les mécanismes et adopter

les attitudes susceptibles de faire face aux effets potentiellement dévastateurs du coronavirus. « Cette menace inattendue survient dans un contexte d’insurrection citoyenne inédite dans l’histoire de l’Algérie indépendante. Le régime en place et autres vautours ne résisteront pas à la tentation d’en faire une opportunité. Qui pour briser l’élan révolutionnaire, qui pour le pervertir ou l’entraîner dans les voies incertaines », avertit Djamel Zenati tout en soulignant que notre devoir en ce moment crucial consiste à concilier protection et protestation et non les opposer, autrement dit, conjuguer détermination et responsabilité : cela est possible pour peu que l’on s’accorde sur les formes de lutte adaptées à ce contexte exceptionnel et conjoncturel. « Dans ce sens, je fais les propositions suivantes : surseoir momentanément aux marches populaires, observer une grève générale hebdomadaire tous les mardis, faire du vendredi la journée du « mahraz » (de 18h à 19h), inonder les espaces publics et privés de banderoles, affiches, pancartes et tout autre support d’expression et envisager l’organisation de cortèges de véhicules », ajoute l’un des vingt-quatre détenus du printemps kabyle avant de conclure en indiquant que cette période particulière doit être mise à profit par l’organisation d’un large débat dans la perspective de définir les contours d’un contrat historique démocratique comme alternative au système autoritaire en place.

« A cet effet, toutes les énergies du mouvement doivent s’exprimer et formuler clairement leurs contributions. Les supports médiatiques indépendants du régime doivent encourager la visibilité, la circulation, l’échange et la confrontation des idées. C’est l’occasion d’insuffler du sens et de la rationalité dans le mouvement », conclut Djamel Zenati.

Tarik Haddouche

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