Medkour : Les villages kabyles et l’état d’urgence sanitaire

Le village de Medkour, en Kabylie
Le village de Medkour, en Kabylie

BGAYET (TAMURT) – Au village de Medkour, suspendu à la chaîne montagneuse surplombant Aokas, les villageois, auto-confinés, sont venus au secours des familles démunies de leur village. Hier après-midi, une collecte d’argent, pour acheter les produits de première nécessité, a été organisée. Les villageois et leur association Tala n Medkour se sont montrés volontaires, solidaires et généreux.

Medkour est sous contrôle des villageois. La semaine passée, ils ont nettoyé les rues et ruelles du village. Avec ces mesures de protection, d’hygiène et de logistique, Medkour, à l’instar des autres villages kabyles, a fait le nécessaire vital pour se protéger de la pandémie et contrer la propagation du COVID-19. Selon le président de l’association du village S. Rekik, « sans cette structure villageoise, les familles démunies ne survivraient pas à cette pandémie ». Un autre villageois, N. B. rajoutera : « Il n’y a ni maire, ni Chef de daira, ni Wali, ni Ministre, ni Croissant rouge, pour nous aider, rien… ll n’y a que les villageois et leur légendaire solidarité pour nous sortir du pétrin. L’Algérie et ses mosquées ne servent absolument pas les interets de la Kabylie. Bien au contraire ». Ce village, auto-confiné, vit à sa manière et avec ses propres moyens l’état d’urgence sanitaire.

Dans nos villages, en Kabylie, l’allocation chômage fait place à la solidarité du village. Les habitants ne perçoivent rien de l’Etat colonial algérien qui regorge de pétro-dollars et qui tue toute iniative d’investissement majeur dans cette région. Les comités de villages sont les seules institutions qui se mobilisentdans cette course contre la montre face à la montée en puissance de l’épidémie du coronavirus. Sans infrastructures appropriées et sans système de soins suffisants, en proie à l’obstruction de l’Etat algérien contre toute initiative locale, les comités de villages sont condamnés à relever ce défi pour éviter un scénario catastrophe.

Pour le moment, les réseaux sociaux sont le seul lien des villageois avec le monde extérieur. Le Peuple kabyle se remémore déjà la macabre épidémie du typhus, qui avait décimée beaucoup de ses enfants lors de la deuxième guerre mondiale. Il s’en est sorti tout seul, sans l’aide de personne. La France coloniale n’a rien fait non plus à l’époque, à l’instar du colonialisme arabo-islamiste actuel. L’histoire se répète. l’Algérie coloniale, risée du monde entier en matière de structure sanitaire, s’occupe plutôt d’ériger des mosquées et particulièrement en terre kabyle afin de propager le salafisme et d’anéantir toute velléité d’indépendance de la Kabylie. Grace à la mobilisation des villageois, la Kabylie s’en sortira grandie et se prépare déjà à l’après Algérie.

Massy Koceila pour Tamurt