Tizi Ouzou, le pouvoir envoie sa télévision à l’hôpital de Tigzirt

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Controle d'un ciotyen, à l'entrée d'un village en Kabylie
Controle d'un ciotyen, à l'entrée d'un village en Kabylie

TIGZIRT (TAMURT) – La prise en charge de l’hôpital de Tigzirt par les comités de villages de la région, une localité fortement touchée par la pandémie du covid-19, n’est pas du goût des décideurs algériens.

Les villages, les communes d’Iflissen, Tigzirt et Mizrana, au nord de Tizi Ouzou, ont réussi à réunir des milliers d’euros et ont acheté plusieurs matériaux. Tous les habitants de la région ont mis la main à la poche pour prendre en charge cette structure médicale, dépourvue de moyens élémentaires. Même les chambres d’isolement des patients atteints du coronavirus ont été réalisées par de simples citoyens. La direction de la santé de Tizi Ouzou n’a donné aucun sous, comme si l’hôpital de Tigzirt n’existe pas. La prise en main de la situation et de manière magistrale par les comités de village a provoqué la panique du pouvoir.

Les citoyens ont affiché leur reconnaissance de l’autorité des comités de village et rejettent celle du régime d’Alger qui n’ont rien fait pour venir en aide à une population en détresse. Ce sont les comités qui gèrent le confinement, la distribution des produits alimentaires, la sécurité des villageois et de leurs biens, la prise en charge des hôpitaux, etc. Cette situation n’est pas singulière aux communes de la sous-préfecture de Tigzirt, mais elle est similaire à travers toute la Kabylie. Le pouvoir algérien est pris de court depuis le début de la crise sanitaire en Kabylie. Il perd son autorité de manière graduelle. Afin de faire face à cette situation, le pouvoir a actionné ses relais au niveau local, mais les comités de villages s’imposent.

Aujourd’hui, la télévision algérienne a envoyé ses caméras à l’hôpital de Tigzirt, une première selon un militant indépendantiste de Tigzirt. La télévision algérienne n’a soufflé aucun mot sur la prise en charge financière des villageois de l’hôpital de Tigzirt. « La télévivion a montré des images comme si tout est normal dans la région, alors que tout le monde sait que sans les comité de village, l’hopital de Tigzirt n’aurait ni thermomètres, ni bavette, ni rien. On a décidé même d’assurer le paiement des salaires des médecins, si jamais la direction de la santé tardait à payer nos médecins », nous a déclaré Aksil, un jeune de la région qui active bénévolement depuis le début de la crise sanitaire.

Nadir S.

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