Face au danger, les réflexes de survie du peuple kabyle resurgissent

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Taddart n At Abbas contre le coronavirus
Taddart n At Abbas contre le coronavirus

CONTRIBUTION (TAMURT) – Dans l’immense majorité des départements de Kabylie, les comités de village ont été à la hauteur de la menace du covid-19. Après avoir vu et analyser ce qui s’est passé ailleurs, nos jeunes ont compris que la surmortalité dans certains pays est due à l’absence de rigueur du confinement comme en Italie et à son instauration tardive comme en France.

Dès l’apparition des primo-infections, les comités de village ont instauré un confinement strict avec contrôle aux entrées et sorties des villages, suivi de campagnes d’information et de sensibilisation. Les achats et courses de denrée alimentaires sont regroupés et fait par deux ou 3 personnes désignés par les comités de village, pour réduire les déplacements des citoyens et la distribution se fait en tenant compte des situations financières des familles.

Une grande chaîne de solidarité citoyenne s’est manifestée pour soutenir les soignants et les hôpitaux dépourvus de tout moyen. Dès l’apparition des premiers symptômes en Kabylie, l’université de Tizi Ouzou a commencé à faire les dépistages de la population mais cette action indispensable au contrôle de la maladie a été vite interdite par le ministère de la santé par pur racisme car venant de Kabylie, considérée depuis 1962 comme l’ennemi interne de l’Algérie. Il aura fallu la protestation des associations ainsi que de nombreux internautes kabyles sur les réseaux sociaux pour que le pouvoir colonial cède et autorise Bgayet et Tizi à pratiquer ces mesures de prévention.

Devant l’ampleur de cette organisation ce même pouvoir a vite réagit en envoyant les brigades de gendarmerie pour entraver l’action des comités de village, mais la ténacité de nos jeunes et la peur des gendarmes d’être contaminé par le virus les ont forcés à rester dans leurs casernes.
Le gouvernement algérien qui a eu des difficultés à fermer des mosquées a cependant ordonné une demi-heure par jour d’écoute du coran à travers les hauts parleurs des mosquées. Quelques voix discordantes connues pour être des suppôts du pouvoir ainsi que de nombreux indicateurs de la sécurité militaires se sont opposés à cette organisation au nom de la liberté de circuler, mais sans aucune incidence sur le confinement.
Les chefs de daira (sous préfets, agents de la sécurité militaire dont le rôle principal est de contrôler l’action des maires) ont été instruits par le pouvoir pour se substituer aux comités de village en utilisant les gendarmes, leurs indicateurs, et leurs suppôts, sans réussite.
L’organisation et l’unité de la Kabylie contre les menaces de mort imminentes ou agressions extérieures ont existé depuis la nuit des temps. On peut citer 5 grandes réactions de la Kabylie pour assurer la survie de son peuple :

1- Le confinement de 1942-43 contre le typhus, les mêmes mesures que celles d’aujourd’hui ont été prises par les comités de villages (paysans de l’époque) interdisant même les déplacements entre les villages.
2–La résistance kabyle contre l’invasion par les armées de Ben Bella et Boumediene.
3- La résistance contre l’expédition punitive de 1980 ou printemps Berbère.
4- Les groupes d’autodéfense dans les années 90 contre les armées subversives du GIA, de l’AIS et certains escadrons du pouvoir déguisés en islamistes.
5- Le printemps noir de 2001 dans lequel les comités de village ont résisté à mains nues contre la deuxième puissance militaire d’Afrique.
Mais une fois le danger passé le peuple kabyle retrouve sa fausse quiétude et supporte n’importe qu’elle misère ou oppression quotidienne. Son attitude rappelle étrangement celle de la grenouille qui, plongée dans de l’eau bouillante, réagit énergiquement en donnant un coup de patte pour sauter et sortir de cette eau, échappe ainsi à la mort, mais si on la met dans une eau tiède qu’on chauffe progressivement elle ne réagira jamais de façon énergique, elle se laissera mourir quand la température arrivera à ébullition.

Espérons que cette dernière réaction de survie contre le covid-19, se poursuivra contre les deux virus que le pouvoir algérien inocule depuis de longues années à notre peuple. L’arabisation et la salafisation sont en réalité plus dangereux et plus mortels que covid-19, car ils sont insidieux et tuent en silence. A long terme ils entraînent la dépersonnalisation et l’aliénation du peuple kabyle. Seule l’indépendance de la Kabylie prémunira notre jeunesse de ces virus dangereux et mortels.

Si nous continuons à rester dans cette Algérie arabo islamiste (eau tiède pour la grenouille) nos futures générations deviendront soit des candidats à l’émigration vers l’occident soit des mercenaires islamistes utilisés au profit des multinationales à l’exemple de Boco Haram, Ansar ddin, AIS, GIA, Al Qaida, Talibans, Hamas, Annousra, Daech… etc.

Kader Dahdah
Secrétariat de d’URK
Président de l’association SFK

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