Idir n’est pas enterré en Kabylie, comme Hasnaoui, Azem et Zerrouki

La tombe d'Idir au cimetière Père-Lachaise, Paris
La tombe d'Idir au cimetière Père-Lachaise, Paris

PARIS (TAMURT) – Le célèbre chanteur kabyle, Idir, a été enterré hier, le 13 mai 2020, au cimetière Père-Lachaise, de la ville de Paris. L’enterrement a eu lieu dans l’après-midi en présence seulement des membres de sa famille et proches.

A cause de la crise sanitaire qui sévit encore, l’enterrement a eu lieu sans la présence du public. Selon les membres de sa famille, dans un communiqué rendu public hier, Idir avait choisi d’être enterré en France. Beaucoup de Kabyles, pour ne pas dire la plupart, ont tant souhaité voir la dépouille d’Idir rapatriée en Kabylie, à At Yenni, là où il a vu le jour et a grandi.

Idir n’est pas le seul chanteur kabyle à être inhumé à l’étranger. Slimane Azem a été enterré au sud de la France après un exile de plusieurs décennies. Ce n’était pas son choix. A ce jour, le pouvoir algérien refuse de rapatrier ses ossements en Kabylie. Cheikh El Hasnoui, Maitre célèbre de la chanson kabyle, repose dans un cimetière à l’île de la Réunion.  » Cheikh El Hasnaoui a juré de ne jamais retourner en Kabylie tant que les Arabes sont au pouvoir », avait témoigné dernièrement le chanteur Akli Yahiaten. L’autre chanteur Kabyle qui a été enterré en banlieue parisienne, Alloua Zerrouki. On ignore pour quelle raison il a été enterré en France et pas en Kabylie. Il y a cinq ans, la chanteuse Kabyle, Malika Domrane, avait décidé de se recueillir sur sa tombe. Que fut sa surprise lorsqu’elle a découvert que la tombe d’Allaoua Zarrouki a été détruite et ses ossements ont été incinérés par les services municipaux. Malika Domrane s’est effondrée en larme. La tombe d’Allaoua Zarrouki n’existe plus.

Le peuple kabyle a toujours vu les siens éloignés des terres kabyles. On ne voit jamais Fellag en Kabylie, Takfarnias se fait très rares. Ils sont, eux aussi, en exil. En plus des artistes, les hommes politiques kabyles sont éloignés aussi de la Kabylie, comme Hocine Aït Ahmed et Krim Belkacem. Ferhat Mehenni aussi a été poussé à quitter sa Kabylie depuis des années. Lui, il a une double casquette, artiste et homme politique. Ceci, sans oublier les trois millions de citoyens kabyles qui sont aussi poussés à l’exil. L’exil, cette malédiction qui hante les Kabyles…

Nadir S.