Tamazight : la réponse de Hacène Hirèche à Salah Belaid

Hacène Hireche
Hacène Hireche

KABYLIE (TAMURT) – « Encore un idéologue de service ! », c’est le titre choisi par l’universitaire et militant Hacène Hirèche pour répliquer à Salah Belaid, président du Conseil supérieur de la langue arabe qui s’est attaquée à la langue tamazight il y a quelques jours.

Dans cette réponse, Hacène Hirèche ne mâche pas ses mots. « Salah Belaïd, linguiste arabisant et serviteur zélé du système, s’en prend une fois de plus à la langue tamazight », rappelle Hacène Hircèche. Au rôle scientifique censé être le sien, ajoute Hacène Hirèche, Salah Belaid préfère celui de l’idéologue de service. « C’est de cette manière qu’il peut tirer un plaisir malsain de sa vassalité, s’enivrer de la jouissance malfaisante à se retourner contre les siens. Et pour minimiser la place de sa langue parentale et dénigrer sa portée, il s’estime contraint de glorifier concomitamment la langue arabe (el-fusha bien sûr) comme si la dévalorisation de l’une entraînait mécaniquement l’éminence de l’autre », dénonce Hacène Hirèche. Avant d’avoir recours à l’ironie : « c’est un procédé connu en psychologie comportementale, c’est celui des pervers ».

Pourtant, rappelle encore Hacène Hirèche, en 2017, « ce Salah Belaïd semblait déjà inquiet, tourmenté par le retard pris par la langue arabe dans le domaine des sciences ». Hacène Hirèche enchaine : « Voici ce que Salah Belaid dit en substance, en tant que président du CSLA lors de la journée de l’UNESCO consacrée à cette langue : nous devons fournir davantage d’efforts en vue de réaliser un saut qualitatif dans la langue arabe, de lui permettre d’occuper une place de choix dans le domaine des sciences et des technologies et d’exploiter les outils de traduction afin de transférer le savoir et les connaissances dont elle a grandement besoin ». Pour Hacène Hirèche, Salah Belaid avait reconnu « qu’il fallait à cette langue (arabe) un saut qualitatif ce qui veut dire qu’elle ne l’a toujours pas fait, permettre à cette langue d’occuper une place dans le domaine des sciences, place qui n’est donc pas encore la sienne et transférer, par des traductions, le savoir et les connaissances dont elle a besoin ; ces savoirs ne lui sont donc pas intrinsèques ». Mais le problème, précise Hacène Hirèche, n’est même pas là : « au-delà du fait qu’il méprise les langues de son pays, de ses ancêtres (Tamazight et Darija), Salah Bélaïd n’est pas sûr de lui, il fuit le débat. Il n’a jamais accepté un face-à-face avec de vrais linguistes ou sociolinguistes. On verrait tout de suite son indigence intellectuelle et la faillite des « élites » du système serait flagrante ». « Du coup, les chiens serviles aboient, la noble caravane passe », conclut Hacène Hirèche.

Tarik Haddouche