Documentaire de France 5 : La psychiatre de Tizi-Ouzou réplique

Sonia Siam
Sonia Siam

TIZI OUZOU (TAMURT) – La diffusion d’un documentaire, mardi dernier, sur « France 5 » a soulevé un véritable séisme dans l’opinion publique. Des intervenants dans ce documentaire ont été carrément menacés par une infinité d’internautes. Ce qui a poussé l’un d’eux à réagir en assumant.

Il s’agit de la jeune psychiatre Sonia Siam, âgée de 27 ans résidant et travaillant à Tizi Ouzou. Cette dernière n’est autre que la fille du regretté militant du Mouvement Culturel Mehdi Siam. Sonia Siam déclare d’emblée : « j’assume complètement mes propos. Certes je vous vois arriver avec les « c’est pas représentatif » …. »le code de la famille c’est pas l’objectif du Hirak » mais laissez-moi vous rappeler, que Le Hirak n’est la propriété de personne… Ni la mienne ni la vôtre, et chacun d’entre nous Hirakistes a son propre idéal en tête, mais tous, sommes unis pour un même objectif depuis le 22 Février 2019 : le changement radical du système de gouvernance et un Etat de droit, garantissant la démocratie tout en protégeant les libertés individuelles et collectives ».

En participant à ce récit, ajoute Sonia Siam, je n’ai fait que parler de points qui me tenaient à cœur, le réalisateur a décidé d’en garder certains et pas d’autres au montage. Sonia Siam a affirmé que de nombreuses questions abordées lors de son intervention n’ont pas été gardée par le réalisateur : « j’avais dit clairement que je ne représentais pas la jeunesse, j’avais abordé des questions politiques, l’identité, l’histoire, la répression, les détenus d’opinions, et le caractère hétérogène du Hirak ». Et d’enchainer : « Le réalisateur est libre, car comme certains d’entre vous le savent déjà, un film documentaire, est un travail de création, il peut être le regard objectif ou subjectif de celui qui le fait, sur une ou des réalités sociales, politiques ou peu importe la thématique. On peut être d’accord ou non avec l’angle de vue du réalisateur. Dans ce cas particulier, lorsque j’ai accepté de participer au projet, il était question, pour le journaliste, de parler de la jeunesse algérienne, dans ses différentes composantes, à travers plusieurs portraits dont le mien. Ces jeunes « choisis » raconteraient leurs points de vue sur la société dans laquelle ils vivent, de leur réalité et de leurs aspirations à l’ère du Hirak et non un documentaire sur le Hirak uniquement ».

Mais ajoute Sonia Siam, le marketing de ce film a été surtout axé sur le Hirak, « ce qui explique les vives réactions, mais n’en justifie en aucun cas la violence, le produit fini n’est peut-être pas à la hauteur des ambitions des uns ou des espoirs des autres, et j’estime que ce n’est pas à moi de le défendre, ou de le fustiger ». Sonia Siam affirme en outre qu’elle a été interpellée par les réactions d’une violence inattendue de certains « progressistes », face au contenu de ce documentaire. « Beaucoup sont tombé dans des travers que souvent eux même dénoncent », déplore la militante.

Et de conclure : « Souvent leurs réactions se sont focalisées sur les 3 minutes de sensationnel, et ils ont oublié des sujets importants abordés comme la torture, et les attouchements sexuels subis dans les commissariats par nos concitoyennes, la dictature militaire, l’interdiction de l’embléme Amazigh, la place de la femme dans le Hirak… ».

Tarik Haddouche