Tamazight : Abdennour Abdesselam répond à Zaoui

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Abdennour Abdesselam
Abdennour Abdesselam

KABYLIE (TAMURT) – Suite à la dernière « incartade » commise par le célèbre écrivain Amine Zaoui, ancien directeur général de la Bibliothèque nationale d’Alger, le chercheur et auteur Abdennour Abdesselam a répondu à ce dernier en lui rappelant certaines vérités historiques et culturelles.

Dans ladite réponse, Abdennour Abdesselam affirme d’emblée : « j’assume Apulée, Saint Augustin, Ibn Khaldoun et les autres ». Abdennour Abdesselam ajoute en outre : « Mon ami Amine Zaoui, avec qui je partage presque toutes les idées qu’on met en débat ensemble et même ma présente contradiction que je lui apporte fera aussi partie de nos utiles et profitables échanges ». Une introduction nécessaire pour rehausser le niveau du débat. Ensuite, Abdennour Abdesselam rappelle que le sujet concerne le contenu de sa chronique hebdomadaire parue le 4 juin 2020 dans le journal « Liberté » et mise en ligne su Facebook. Abdennour Abdesselam souligne que Amine Zaoui reproche aux trois sommités suscitées de ne pas s’être exprimé en langue tamazight dans leurs écrits mais plutôt en latin et en arabe. « Il ne fait que les accuser respectueusement en plus », précise Abdennour Abdesselam. « Il ne les gomme pas et c’est ça Amine Zaoui.

Notons qu’il est une « convention » humaine que lorsqu’une langue donnée s’impose (même pour un moment) comme étant la langue d’expression la plus largement répandue géographiquement elle devient alors un outil intelligent (même contraignant) dont se saisissent des hommes publics ou même des initiateurs pour tout au moins inscrire dans le cours de l’histoire l’existence de leur peuple, de leur histoire, de leur culture, de leur civilisation etc., enchaine Abdennour Abdesselam en ajoutant que c’est justement grâce à Apulée, Saint Augustin, Ibn Khaldoun et les autres que la berbérité est consignée dans de grands ouvrages d’illustres écrivains comme Salluste. Toujours en s’adressant à Amine Zaoui, familièrement, Abdesselam écrit : « Amine, tu n’as peut-être pas encore remarqué que la langue amazghe a sérieusement impacté les langues latine, grecque et arabe. Des milliers de mots dans ces langues sont bâtis sur des racines amazighe. Juste un petit exemple, Mouloud Mammeri notait que le terme grec « gid » (le chevreau) et issu du berbère « iɣid » (mmi-s n taɣaṭ). Sur ce point précis notre ami commun Mestapha Ben Khemmou en est un spécialiste à consulter ». Abdennour Abdesselam souligne en outre : « Amine, je pense que tu aurais dû aussi accuser les rédacteurs de la déclaration du premier Novembre 1954 pour avoir transcrit le texte qui annonce le début de la révolution en langue française et non en tamazight.

Tu conviens Amine que l’événement n’aurait pas eu le retentissement mondial qu’il a eu. Pourquoi ne pas accuser aussi les Kateb Yassine, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Jean et Tawes Amrouche, Tahar Djaout, Faḍma At Mençur Amrouche, Assia Djebar, Malek Ouari (beaucoup d’entre eux étaient tes amis, nos amis) et bien d’autres encore qui ont fait dire à la langue française une pensée amazighe ».

Tarik Haddouche

5 COMMENTAIRES

  1. A ce jour je ne connais pas la position de A. Abdeslam sur le destin de la nation kabyle.Est-il pour contre le statut d’autonomie de la Kabylie ?Est-il pour ou contre la libération de la Kabylie du joug de la régence d’Alger ?Reconnait-il l’existence du Peuple kabyle ou non ? Voilà les questions de fond qu’il faut poser à toutes le lignes kabyles qui s’accrochent aux jupons de l’Algérie arabo-islamique !

  2. Querelles dans le même camp, le camp des ‘ éradicateurs boys ‘…
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    …les enfants des Généraux Belkheir, Nezzar, Mediène et leurs complices. Ces supplétifs et auxiliaires de l’aile dure du Régime militaro-mafieux….
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    Les deux personnages sont notoirement connus pour leur appartenance à un camp de la ‘ fausse-oppsition / contre-opposition ‘, ce camp inféodé aux faucons et ultras de la Junte militaire….Le camp des faux-opposants et pseudo-démocrates, entretenus et instrumentalisés par l’aile des Généraux les plus ‘ ultras ‘ du Régime militaire. Ce sont des ‘ agitateurs ‘, et n’ont donc jamais été des opposants…

    Le petit-fils du caïd Lâarvi, et cousin de Robert (le fonctionnaire au Quai d’Orsay), tous deux collaborateurs des Autorités coloniales, harkis donc, étaient traqués par les combattants de l’ALN, mais avaient malheureusement échappé à la ‘ sanction légitime ‘…. Donc, avant de parler de Tamazight, il faut ‘ reconnaître, dénoncer, condamner et se démarquer ‘ ces actes de trahison contre le peuple, contre le pays, contre les combattants kabyles, imazighen… Ce descendant n’est pas coupable, ‘ mais responsable ‘, donc redevable tant qu’il n’a pas reconnu, dénoncé et condamné les actes criminels des parents ou grands-parents collabos’, et s’est démarqué complètement, totalement… Il faut rappeler que dans certains pays européens, comme la Hollande, la Belgique, etc. où sévissait une collaboration massive avec les criminels nazis, la ‘ Loi sur la répression du crime de collaboration ‘ est très très sévère, et vise jusqu’à la troisième génération…. Chez nous, plusieurs Généraux au pouvoir, une bonne partie, les plus durs d’ailleurs, avaient servi avec zèle durant la Guerre de libération même, tels Nezzar, Belkheir, Touati, Ait Abdeslam, M. Lamari, Guenaizia, etc., ceuxèlà me^me qui avaient planifié et mené la ‘ Guerre contre les civils ‘ des années 90-2000, etc. Mais, hélas, nous avons aussi les descendants de harkis dans les rangs brbristes (…), et qui sont de vrais valets des Généraux ultras….

  3. La reponse est simple et elle est caracterise par la situation de tamazight aujourd hui. Pendant toutes les periodes dont on parle ici, les Imazighen etaient colonises et n’avaient pas de controle de leur langue. Ils ont ecrits avec la langue du colonisateur.

    Aujourd hui on n’as aucun controle sur notre langue : les arabes vont decider comment on vas l’ecrire et ou elle seras ecrite! Une langue qui n’as pas un pays et un gouvernement pour la soutenir ne peut que vivoter telle que tamazight le fait en Afrique du Nord aujoud hui. Meme le premiere quotidien en Kabyle Tighremt a ete interdit de parution recemment. Cela confirme ce que je dis.

  4. Tout pour justifier l’ option arabe islamique et son triptyque, qui en réalité conforte le fait accompli qui veut que l’État soit arabe! Une gymnastique chère à Saadi Ait Ahmed et Tabou, tous ont subi le revers de leurs autocensure. Les identités sont alternatives et si elles cohabitent c’ est en superposé dans la mesure où celle qui prévaut, l’ arabe par islam interposé, se donne du temps utile pour une assimilation par conjonction de politique en amont et en aval. L’ école et la mosquée absorbent l’ Amazighite’ par cet impératif islamique qui arabise même au Sénégal et l’ école arabe obligatoire qui fait le reste. Le choix sociétal est fait aussi en refusant d’ assumer l’ incompatibilité de L’ islam religion d’ État et identité Amazigh, qui n’ est pas seulement la langue mais aussi les valeurs, comme la laïcité, le fédéralisme et l’ État central issu des régions où la subsidiarité est le principe!

  5. Un débat intramural du régime. Ils tentent de nous attirer dans leurs engrenages qui consistent en une Algérie arabe islamique et avec une touche Amazigh, juste pour agrémenter leur État foncièrement Arabe islamique. L’islam est intouchable et l’Arabe une fatalité assumée conditionneront de l’intérieur l’archétype amazigh qui devra nier sa laïcité pour céder à l’épée de Damoclès islamique qui filtrera toute loi. Mais aussi un État qui nie les valeurs Amazighes tout en passant pour bon maitre nous inflige une amazighité fonctionnelle à un État islamo-arabiste. Quand les valeurs ne sont pas Amazighs, elles ne peuvent pas l’être si l’islam est la référence, l’alternative est l’assimilation par l’amont, les valeurs islamiques. Quand des peuples sont différents l’uniques union sera celle de là superposition, en effet l’Algérie comme les Maroc se veulent deterministes en ce sens qu’ils plient les amazighs et leur les qui existaient bien avant l’islam à surseoir sur les valeurs ancestrale et de les substituer par le paradis enflammé, cette schizophrénie qui est proposée comme identité de rechange. Voilà le rôle des diatribes pseudo-intellectuelles, celle de feindre un dialogue qui ensuite sera le justificatif par défaut des décisions déjà prises, celle d’un fait accompli, une Kabylie domestiquée grâce aux Kabyles de la cour arabe d’Alger.
    Tout pour justifier l’ option arabe islamique et son triptyque, qui en réalité conforte le fait accompli qui veut que l’État soit arabe! Une gymnastique chère à Saadi Ait Ahmed et Tabou, tous ont subi le revers de leurs autocensure. Les identités sont alternatives et si elles cohabitent c’ est en superposé dans la mesure où celle qui prévaut, l’ arabe par islam interposé, se donne du temps utile pour une assimilation par conjonction de politique en amont et en aval. L’ école et la mosquée absorbent l’ Amazighite’ par cet impératif islamique qui arabise même au Sénégal et l’ école arabe obligatoire qui fait le reste. Le choix sociétal est fait aussi en refusant d’ assumer l’ incompatibilité de L’ islam religion d’ État et identité Amazigh, qui n’ est pas seulement la langue mais aussi les valeurs, comme la laïcité, le fédéralisme et l’ État central issu des régions où la subsidiarité est le principe!

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