Le syndrome d’hubris ou les effets du pouvoir sur la personnalité

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PRESSE (TAMURT) – Le pouvoir peut considérablement changer une personnalité. Voire la transformer. Pour lutter contre le syndrome d’hubris, il faut commencer par lutter contre notre tendance à admirer le pouvoir.

«Tout pouvoir est une conspiration permanente», a dit Honoré de Balzac, en parlant de Catherine de Médicis. «Tout pouvoir sans contrôle rend fou», a écrit le philosophe Alain dans son essai «Politique». De tous temps, le pouvoir a inspiré les écrivains. Le «syndrome d’hubris» – quand le pouvoir rend fou un individu – aurait également transfiguré un grand nombre de personnalités historiques. Mais le syndrome d’hubris ne touche pas que les «grands de notre monde». Au bureau, qui n’a jamais observé, le changement de comportement d’un collègue après une promotion? Il suffit parfois de peu de choses pour que les effets du pouvoir soient néfastes…

Dans un livre intitulé «The Hubris Syndrome: Bush, Blair and the Intoxication of Power», le médecin et ancien ministre des Affaires étrangères David Owen décrit longuement cette pathologie, qui avait déjà été observé durant la période antique. Pour étayer sa réflexion, l’auteur évoque les maladies qui ont touchés les chefs d’État, dont le pouvoir a complètement changé la personnalité. Quelques symptômes: narcissisme, arrogance, mégalomanie… En tout, c’est pas moins de 13 éléments simultanés qui permettent de confirmer qu’une personne est atteinte du syndrome d’hubris.

La critique, seul remède à ce syndrome

Le site La Vie cite des travaux du chercheur Ian H. Robertson, qui a étudié l’effet d’hubris sur une espèce de poissons évoluant dans le Lac Tanganyka en Afrique, sur lesquels la prise de pouvoir entraîne une réaction hormonale qui modifie leur organisme. Le chercheur explique que la situation est similaire pour l’être humain, dont le pouvoir décuple l’intelligence grâce à un apport de dopamine, mais «une quantité trop importante aura des conséquences néfastes. Or le pouvoir absolu inonde le cerveau de dopamine. Il crée aussi une addiction», précise le chercheur. Cela n’est pas tout. «L’excès de confiance en soi met en place une mécanique mentale qui empêche de s’évaluer à sa juste valeur. Plus vous avez une appréciation juste de vos propres qualités, plus vous êtes modestes. Et, normalement, vous ne vous sentez pas apte à devenir chef d’État», explique à La Vie, Sebastian Dieguez, chercheur en neurosciences à l’université de Fribourg.

Quentin Périnel
Le Figaro du 28 juin 2017
Vidéo « Hubris, Maladie du Pouvoir » par Le Cercle du Leadership

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