Printemps berbère : le livre d’Arezki Abboute réédité

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KABYLIE (TAMURT) – Le livre-témoignage du militant de la cause berbère Arezki Abboute sur le printemps berbère, tel qu’il a vécu en tant qu’acteur, vient enfin de faire l’objet d’une réédition. C’est après une longue attente, qui a duré des années, que la maison d’édition « Tafat » de Bgayet, que dirige l’auteur Tarik Djerroud, a pris la louable initiative de rééditer ce livre très émouvant et précieux.

Le livre d’Arezki Abboute est désormais disponible dans toutes les bonnes librairies des wilayas de Bgayet, Tizi Ouzou et Bouira et même à Alger. Bien entendu, l’éditeur et l’auteur ont choisi un tout nouveau titre à l’ouvrage : « Avril 80, le prix de la dignité ». La nouveauté cette fois-ci, c’est aussi le fait que le livre, dans cette deuxième édition, est préfacé par Belkacem Boukherouf, militant de la cause berbère et enseignant à l’université de Tizi Ouzou. Il faut rappeler que dans ce livre poignant, Arezki Abboute raconte les affres de son emprisonnement et les tortures qui s’en sont suivies durant les événements du printemps berbère d’avril 1980. Arezki Abboute offre au lecteur un récit noir et douloureux.

Le lecteur est ému parfois jusqu’aux larmes à chaque fois qu’il tourne une page pour découvrir combien la lutte pour la reconnaissance de la langue et de l’identité amazighe a été une très dure épreuve surtout pour les militants exceptionnels des années soixante-dix et quatre-vingt.

Le livre d’Arezki Abboute, qui faisait partie des 24 détenus d’avril 80, gagnerait à être lu par tous les enfants des nouvelles générations pour qu’elles sachent à quel point les sacrifices consentis pour que la langue et culture amazighe ne meurent pas comme voulu, souhaité et planifié par les décideurs algériens qui ont détourné l’indépendance du pays pour en faire ce qu’ils voulaient.

Tarik Haddouche

5 COMMENTAIRES

  1. Avril 80 a été un écho à la crise anti berbériste de 49. Et en même temps il a, par ses slogans algérianistes, à l’image du combat des Kabyles pour l’indépendance algérienne, cloué la Kabylie au sort de l’algérie pour trop longtemps. Les anciens de 80, comme les anciens maquisards de la guerre d’algérie, n’arrivent pas à décoller de la supercherie dite « pas d’algérie sans la Kabylie et pas de Kabylie sans l’algérie ». On trouve jusqu’aux esprits éclairés, tels que Saadi et autres, pour chanter des louanges à l’arnaque dite triptyque « arabité, islamité, amazighité ». On ne peut que déplorer les ravages de l’école bourricot algérienne qui fait dire à certains kabyles écervelés qu’on ne laissera pas le reste de l’algérie aux autres comme si ces pauvres loques et miséreux détenaient aujourd’hui une partie de la rente algérienne.

    Saadi a enfin compris qu’en tant que Kabyle, il ne peut jamais accéder à la direction des affaires algériennes. Sauf que ce constat sur la nature minoritaire des Kabyles en algérie ne conduit nullement, comme la logique l’aurait voulu, Saadi et cie à contribuer à faire sortir la Kabylie du giron algérien. Vivre en minoritaire au sein d’un conglomérat algérien arabo islamique est donc « normal » pour ces anciens de 80 !

    La jeunesse militante du MAK a donné un bon coup de pied dans la fourmilière. Il n’est plus acceptable pour les Kabyles de vivre en minorité dans une algérie composée majoritairement d’arabes (ou d’arabophones) acquis à l’idéologie arabo islamqie. On n’attend plus de cette majorité qu’elle devienne un jour laïque et pro amazighe, on n’en attend pas d’elle de la charité ou de la compassion pour notre langue et notre culture. Il n’est plus question que les Kabyles comptent sur les bons sentiments de la majorité algérienne pour aller dans le sens de l’égalité homme femme, de l’abolition du code de la famille algérien, de l’adoption d’une constitution et des lois hors de la religion, de la proclamation de la laïcité pilier comme fondement de la société. Les jeunes du MAK ne veulent plus remettre le sort du peuple Kabyle entre les mains des algériens qui ne partagent pas leurs valeurs et leur projet de société. Il n’est plus possible de vivre dignement en minoritaire en algérie.

    80, à ce propos, apparaît comme de l’Histoire très très ancienne. Il fait partie de notre patrimoine mais les Kabyles, s’ils veulent rejoindre le concert des nations libres, s’ils veulent décider de leurs lois et de leur vie, doivent aller beaucoup plus en avant, vers leur libération, vers l’indépendance de la Kabylie. Et cesser de regarder dans le rétroviseur.

    • Pour compléter tes propos forts judicieux j’ajouterai que la minorité représentative de la Kabylie est toute relative, car en valeur absolue c’est l’ethnie la plus homogène culturellement et la plus nombreuse en Algérie . Malheureusement toutes les autres tribus semblent s’être liguées contre elle dans un magma algérien sous le seul trait d’union qu’est l’araboislamité .La suprématie relative que cela leur confère et l’aide intéressée de l’extérieur, leur permet alors de bloquer les velléités d’indépendance de la seule peuplade de ce pays qui conserve encore une singularité et qui ne veut pas se fondre dans le magma uniformisant et anesthésiant panarabiste , l’unique fonction de l’ l’islam instrumentalisé, n’en déplaise à ses courroies de transmission , ici étant devenue le faire valoir et la légitimation à l’extension arabiste en Algérie .

  2. C’est sûr que ce printemps berbère n’aura conduit à rien, puisque la situation des kabyles est toujours la même, si ce n’est pire. Les kabyles savent maintenant qu’ils n’obtiendront jamais leur liberté et leur indépendance en défilant avec des robes kabyles une fleur de jasmin à la main. Son destin on se le construit soi-même, car si on le confie à d’autres, ils vous imposent un autre destin à vôtre insu.

    • Dire que le printemps berbère n’aura conduit à rien…est quand même osé…soyez sûr que si Avril 80, n’était pas entré dans notre histoire, il ne serait resté de notre culture et identité amazigh que des souvenirs lointains. Si aujourd’hui l’Afrique du nord entière réclame son amazighité c’est bien grâce à ce printemps…
      Le combat n’est pas encore terminé: chaque génération doit apporter sa contribution, à moins qu’elle soit lâche…

      • @Mohand
        Alors combien y’avait-il de mosquées en Kabylie en 1980, et combien y’en a-t-il aujourd’hui ? Certainement beaucoup plus qu’en 1980, faites le compte, c’est un très bonne indicateur. La salafisation de la société kabyle est en marche, elle se produit sous vos yeux. Alors si vous voulez vous débarrasser de l’arabisation, commencez donc par vous affranchir de leur islam, et là je vous croirai. Je suis comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois.

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