Abdennour Abdesselam en colère contre les éditions « Koukou »

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Abdennour Abdesselam
Abdennour Abdesselam

KABYLIE (TAMURT) – L’auteur, militant et chercheur Abdennour Abdesselam est en colère contre les éditions « Koukou » que dirige Arezki Ait Larbi, militant du Mouvement Culturel Berbère et détenu du printemps berbère d’avril 1980. Et pour cause…

Abdennour Abdesselam révèle que l’éditeur Koukou a censuré maladroitement sa préface contenue dans la première édition algérienne de l’ouvrage « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu » de Bessaoud Mohand Arab. Abdennour Abdesselam rappelle que Bessaoud est un ancien officier de l’ALN 1954/1962. En 1963 il est engagé au sein du FFS combattant de 1963 à 1965. Après la défaite, il est exilé en France comme beaucoup de responsables du FFS. Il a publié en France un ouvrage intitulé « Heureux les martyrs qui n’ont rien vu », « un ouvrage qui anticipait sur la mascarade de l’Algérie indépendante en révélant les dessous du FLN ». Son livre était naturellement interdit en Algérie, rappelle Abdennour Abdesselam. « Même en France il se vendait presque en cachette car la milice de l’ancienne Amicale des Algériens en Europe s’adonnait à un rôle policier. En réalité cette structure n’était que le prolongement du parti du FLN. Le livre parvenait en cachette mais très rarement en Algérie. On imagine les gros risques que prenaient les « passeurs » émigrés kabyles », explique Abdennour Abdesselam avant de rappeler que Bessaoud est également membre fondateur de l’académie berbère dite « Agraw Imazighen » vers 1967 : l’exil de Bessaoud prend fin en 1994, il rentre au pays et la population de Kabylie lui avait réservé un accueil et un hommage particuliers. « Il m’a aimablement accordé une interview d’une durée de deux heures en présence des visiteurs qui venaient lui souhaiter la bienvenue à Ath Douala. L’entretien a été réalisé et enregistré par les laboratoires Mehmel spécialisés dans l’audio-visuel.

Quelques semaines passées, Bessaoud songe alors à la réédition de son livre en terre algérienne. L’impression avait été prise en charge directement par l’imprimeur Lhoucine Challal situé près d’Alger-plage. Un soir Dda Mohand m’appelle et me demande de lui écrire une préface. J’ai senti une lourde responsabilité d’avoir à l’écrire tellement l’ouvrage est d’une importance immense au vu des faits rapportés en tant qu’ancien officier de l’ALN. Je lui ai alors proposé de confier la rédaction à un militant autrement plus avisé que moi. Rien n’y fait il voulait que ce soit fait par moi. Je me suis mis alors à la rédiger. Une fois le livre publié il reçut un accueil à la hauteur de l’auteur lui-même. Depuis, Dda Mouhand décède après une longue maladie », précise Abdennour Abdesselam en guise de genèse de l’histoire de l’édition de ce livre pour la première fois en Algérie. Avant d’exprimer sa déception voire sa colère : « Voilà que l’éditeur Koukou a procédé il y a peu à la réédition de l’ouvrage. A ma grande surprise il a éliminé ma préface piétinant ainsi la loi en son ordonnance 03/05 portant sur les droits d’auteurs et droits voisins. Il est pourtant de devoir déontologique pour tout éditeur de ne jamais transfigurer un ouvrage lors d’une réédition pour les éléments faisant partie intégrante et intégrale de l’ouvrage comme une préface publiée du vivant de l’auteur. Mais bien plus grave, on apprend finalement que ce même éditeur s’est hasardé finalement à rééditer le livre de Dda Mouhand Bessaoud sans avoir eu l’accord des ayants droits et donc sans leur autorisation préalable et obligatoire comme stipulé par la loi ».

Abdennour Abdesselam ajoute que le fils de Dda Mouhand ayant appris ce qui est advenu frauduleusement de l’ouvrage de son illustre père est intervenu récemment auprès de l’éditeur Koukou pour l’obliger d’arrêter immédiatement le tirage et de procéder aussitôt au ramassage des exemplaires distribués proposés à la vente en librairies : c’est dire que nul ne prend suffisamment de précautions pour travailler dans une double indélicatesse, « un dommage moral est alors porté à la mémoire de feu Dda Mouhand mais relevé par ses ayants droit ».

Tarik Haddouche

3 COMMENTAIRES

  1. @Syd
    1- la conquête de l’Algerie ne s’est pas faite en 1 seul jour, mais de 1830 à 1872 pour ce qui concerne les kabyles.
    2- le tracé des frontières n’a fait que changer et évoluer durant toute cette période de 42 ans, jusqu’à devenir celui que connaissons aujourd’hui.
    3- la France a commencé à découvrir les ressources énergétiques et les richesses du sous sol saharien à partir de 1850.
    4- toutes les infrastructures ont été construites par les technologies françaises : gaz de France, Technip, Total, et d’autre pays européens par la suite.
    5- la sonatrach n’a jamais rien construit, ses dirigeants n’étaient là que pour se remplir les poches.
    6- non monsieur les kabyles ne se sont jamais battu pour une algerie arabo-turco-islamiste, les kabyles se sont toujours battu pour leur liberté et leur indépendance, depuis l’antiquité.
    7- vous n’êtes imprégné que de propagande, vous n’avez jamais ouvert un livre d’histoire.

  2. Tu commence ton commentaire par « tout le monde sait bien » comme si cela était une évidence, quelque chose d’évident, sauf que tout est faux, les kabylies pendant la guerre ne se battaient pas pour l’indépendance de la kabylie mais pour l’indépendance de l’Algérie, donc aucune confiscation d’indépendance ensuite la France n’avait pas créé l’Algérie et même si c’était le cas ce n’était pas pour le gaz et le pétrole, en 1830 c’est un non sens.
    L’Algérie extrait elle même le pétrole avec le groupe sonatrac et les infrastructures pour l’extraction ont étaient toutes remplacés il y a de cela bien longtemps pour pouvoir extraire plus de pétrole, ce qui est impossible avec ce qu’avait laisser la France.
    Conclusion tout ton commentaire basé sur une soit disante évidence est ni plus ni moins que de l’ignorance.

  3. Tout le monde sait bien aujourd’hui que les kabyles se sont fait usurper et confisquer leur indépendance par les frères musulmans arabo-islamistes de Tunis, et l’armée de garnison de Oujda avec à leur tête l’arabo-marocain Mohamed Ben Bella « je suis arabe, je suis arabe, je suis arabe », c’est lui-même qui le dit. Avant de se retirer la France avait intensifier les combats en Kabylie, voir l’excellent documentaire Wilaya III, laissant ainsi le champ libre aux arabo-islamistes, et on connaît la suite. L’Algérie c’est la France qui l’a inventée et créée, car elle y avait découvert notamment d’important gisements de gaz et de pétrole. D’ailleurs toutes les infrastructures d’extraction ont été fabriquées par la France, et ce jusqu’à présent d’ailleurs. 58 ans après la soi-disant indépendance, plus de 98% des recettes proviennent toujours des exportations d’hydrocarbures, que l’Algérie ne sait même pas exploiter elle-même, car étant toujours dépendante des technologies des pays occidentaux, étant donné qu’elle n’a jamais été capable de développer ses propres technologies. Drôle de pays producteur de pétrole, qui vend son pétrole qu’elle ne sait même pas extraire elle-même et qui achète son essence qu’elle ne sait même pas raffiner elle-même. Pays gangrèné par la corruption, les rétrocommissions, les fausses factures, les détournements de fonds publics, et le pillage à grande échelle.

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