La Kabylie n’a rien récolté du « hirak »

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Le Hirak à Bougie (archive)
Le Hirak à Bougie (archive)

KABYLIE (TAMURT) – Comme cela a été le cas plus d’une fois dans l’histoire des événements surmédiatisés qui se sont déroulés en Algérie depuis la révolte du FFS en 1963, la Kabylie est encore une fois sortie les mains vides de sa participation à ce fameux « hirak ».

C’est toujours le même scénario qui se répète et c’est constamment la Kabylie qi sort perdante de ces soi-disant luttes pacifiques pour le changement mais qui ne sont en réalité que la face visible de guerres de clans, souvent féroces, mais qui sont malgré tout et toujours tacitement livrées. Cette fois-ci encore, beaucoup de kabyles ont cru que cette fois-ci seraient la bonne et que le pouvoir algérien allait être enfin démantelé. Mais on assiste depuis quelques semaines à l’apparition d’éléments probants qui démontrent à quel point la manipulation a été encore au rendez-vous cette fois-ci également tout comme en 2001 (printemps noir), en 1994 (grève du cartable), ou encore pendant les années de terrorisme. Certes, rien n’aurait pu être fait en Kabylie sans les complicités locales avérées dont certaines ont toujours campé le rôle de faux opposants au pouvoir algérien. Et ce dernier récompensent tel qu’il se doit ses complices locaux dans toute la Kabylie car sans eux, le pouvoir ne peut pas manipuler une région dont la majorité des habitants aspirent franchement à un changement radical.

On commence, depuis quelques semaines, à découvrir le vrai visage de pas mal de figures de ce même « hirak » dont la majorité a fini par décevoir les kabyles. Ceux qui étaient portés très haut par une partie de la population, depuis le 22 février 2019, sont les mêmes qui sont aujourd’hui sévèrement critiqués pour leurs positions qui ne cadrent guère avec les aspirations profondes de la population kabyle. Jusqu’à quand les kabyles se feront avoir ?

Les machines médiatiques et de propagande, mise en branle par le pouvoir à chaque nouvel épisode, réussissent à chaque fois à faire croire à l’opinion que c’est le destin de l’Algérie et de son peuple qui se joue quand, en réalité, il ne s’agit que de forcings visant une recomposition du champ des clans qui gouvernent le pays depuis 1962 par la force.

Tarik Haddouche

13 COMMENTAIRES

  1. Le pouvoir a joué sur l’arabo-islamisme et ses slogans pour se renforcer,on l’imposant sournoisement au hirek infiltré,afin de disqualifier l’Amazighité de l’Algérie ainsi que les revendications légitimes indépendantistes de la Kabylie.( un indice flagrant l’avait trahi quand il avait interdit le drapeau Amazigh tout on acceptant celui de la palestine .Il a pu dévier quand même la révolte sous la houlette de l’arabo-islamisme qui l’arrangé,puisque il n’y a que le MAK ET L’URK et la Kabylie en général qu’il redoutait.À bon entendeur salut.

  2. La Kabylie a plutôt reculé dans le sens où l’usage de la langue arabe en Kabylie est devenu « normal » tant dans les slogans scandés lors des marches que sur les banderoles et les réseaux sociaux. Ce phénomène n’a pas seulement atteint les Kabyles de tendance arabo islamique mais malheureusement ausi les militants qui se revendiquent de la Kabylité. Jamais Matoub Lounes n’aurait cautionné une dérive de ce genre lui qui ne s’exprime que dans notre langue maternelle ou en Français.

    Oui il y a une différence entre l’usage du Français et de l’arabe : la première est langue des sciences et du savoir qu’il nous importe de maintenir au sein de la société Kabyle majoritairement francophone. La seconde n’est pas une langue de sciences, elle est même un vecteur de l’obscurantisme arabo islamique. Les heures d’enseignement perdues par les jeunes Kabyles dans les cours d’arabe pourraient judicieusement et utilement être utilisées dans l’apprentissage d’abord de la langue Kabyle et dans celui des langues européennes. Même les arabes ne contrediront pas ceci.

    La Kabylie n’est pas la place naturelle de la langue arabe. Celle-ci est de l’invasion. Si ce n’est par la force du pouvoir algérien, jamais cette langue n’aurait été choisie par un village Kabyle ou une commune Kabyle pour son école. Ceux qui banalisent l’usage de cette langue en Kabylie pour la rendre fréquentable sont soit des ignorants soit des gens qui ont perdu tout principe. La langue arabe occupe en Kabylie la place qui doit revenir de droit à la langue Kabyle. Il est anormal que la langue arabe soit sur nos papiers d’identité au lieu et place du Kabyle. Que nos écoliers suivent des cours de maths et de physique en arabe est un scandale quand on sait que l’enseignement des sciences dans le supérieur se fait dans les langues européennes dans le monde entier. Que l’Histoire soit enseignée en arabe en Kabylie est une insulte à la face de tous les Kabyles.

    Alors pourquoi des Kabyles participent-ils à leur négation par le pouvoir ? Le pouvoir arabise l’école Kabyle et des Kabyles acceptent ce fait en lui emboîtant le pas avec des slogans criés toute honte bue en arabe… Il est temps pour le changement et pour le bannissement de ces égarés.

  3. Merci COVID19 qui a met fin au hirak et il ne reverra plus le jour et le pouvoir restera éternellement, cherchez l’erreur.
    Vive la kabylie indépendante.

  4. La Kabylie n’a rien perdu non plus avec le hirak!
    Les Kabyles doivent se ressaisir, identifier et cerner l’ennemi. Je connais des arabophones progressistes démocrates, ouverts et parlables, tout comme je connais des Kabyles des hautes montagnes avec des mentalités archaïques. Voilà la vraie question?

  5. Le pouvoir à joué sur l’arabo-islamisme et ses slogans.. pour se renforcer,on l’imposant sournoisement au hirek infiltré ,afin de disqualifier l’Amazighité de l’Algérie ainsi que les revendications légitimes indépendantistes de la Kabylie.( une indice FLAGRANT par l’interdiction du drapeau AMAZIGH remplacé par celui palestinienne ).

  6. Des cortèges de nationalistes algeriens et d’intégristes islamistes se sont peu à peu invités aux manifestations kabyles à Bgayet, et ont ainsi noyauté et infiltré tous les vendredis le Hirak pour se rendre de plus en plus visibles auprès des médias locaux et internationaux, tout en fusionnant et en se substituant aux kabylistes, dont peu d’entre eux avaient encore le courage de brandir le drapeau kabyle, suite à son interdiction par les autorités, qui n’ont pas hésité à emprisonner de simples porteurs du drapeau amazigh qui manifestaient pacifiquement. Le peuple kabyle est désormais fracturé en trois composantes, les kabyles indépendantistes, les kabyles pro nationalistes algeriens, et kabyles islamistes. Difficile de définir les proportions de chacune de ces composantes, disons que le rapport est d’environ un tiers pour chacune d’elles, mais que suite à une prise de conscience générale, le mouvement souverainiste, indépendantiste + autonomiste + laïc + démocratique, prend beaucoup d’ampleur.

  7. Le problème du peuple kabyle et de la Kabylie, aujourd’hui réduite à pot de chagrin car jadis le territoire des berbères berbèrophone était beaucoup plus vaste; c’est que les arabisants (=pseudo arabes) la revendiquent comme si c’était la leure, en prétextant que leurs ancêtres arabes l’auraient conquise au moyen-âge ou à la renaissance et que de facto ils pouvaient en disposer à leur guise. La politique assimilationniste du pouvoir arabo-islamiste se résume à l’arabisation des kabylie en leurs ancêtres étaient arabes. Des KDS comme karim tabbou nous rappelles malheureusement que le peuple kabyle est noyauté de l’intérieur, infiltré par des arabisants et aspergé sans relâchement par les islamistes. Il va falloir aux kabyles autochtones beaucoup de volonté et de détermination pour se sortir du pétrin.

  8. A force de s’entêter à s’occuper de l’Algérie, les Kabyles ont non seulement perdu en Algérie pire ils ont perdu y compris la Kabylie. Les indépendantistes Kabyles savent qu’ils ne peuvent surtout pas compter sur les Kabyles et que seules des considérations de géopolitique internationale en rapport avec le sous continent nord africain pourraient être à l’origine d’un quelconque changement en Algérie. Donc changement ou pas en Algérie tout dépendra de ce qui se décidera par les décideurs au niveau international.

    • Il est vrai que les puissances tablaient sur la stabilité, mais, le Covid et ses méfaits entre autre la crise, rend faibles meme les puissances et surtout se rendent compte de la fragilité des certitudes des dessins. Je veux pour preuve le Mali où le coup d’Etat continue meme si le pays est largement dependant des aides des chancelleries.

  9. On a vu progressivement, semaine après semaine, les drapeaux nationalistes algeriens et les intégristes islamistes se mêler aux manifestations kabyles à Bgayet (ex-Bejaia), jusqu’à totalement récupérer le mouvement, en diffusant notamment sur youtube des vidéos de propagande qui ne montraient qu’eux. Je rappelle aussi que les drapeaux berbères ont été interdits, et que les manifestants qui avaient bravé cette interdiction l’avaient fait à leur risque et péril. Beaucoup de porteurs de drapeaux kabyles ont été incarcérés. Voilà comment le pouvoir répressif a étouffé la contestation kabyle dans l’œuf.

  10. Heureusement que le « Hirak » ne nous a rien donné, plus exactement on l’avait refusé ponctuellement. Qui vous donne dispose de votre volonté, c’est la règle. C’est pour cela que le reste des Algériens qui ont accepté le « don » de la nouvelle identité par l’islam se trouvent au service des monarchies arabes. Chacun son degré mais la courbe est croissante, plus vous vous islamisez moins vos êtes Kabyles laïcs. C’est le fond du « Hirak ». Il demande une démocratisation sans culture démocratique. C’est-à-dire le peuple du vendredi qui érige l’haik turc à symbole de l’Algérie, or un bon amazigh sait que museler les femmes en blanc ou en noire c’est pareil. Le divin est en nous. L’harmonie se construit avec la rétrospection et correction des peuples. Le Hirak ne veut pas bousculer les certitudes, ou plutôt il veut consolider les acquis des uns sur les autres, ils comptent sur l’autocensure de la Kabylie pour prolonger le songe d’une Algérie arabe et islamique, un peu démocratique traduite en Amazigh, pour »normaliser » les Kabyles récalcitrants.

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