Le peuple kabyle rejette la constitution algérienne

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La Kabylie ne se reconnait plus dans l'Algérie
La Kabylie ne se reconnait plus dans l'Algérie

KABYLIE (TAMURT) – Après le boycott massif par la Kabylie de la mascarade électorale du 12-12-2019 qui a porté le candidat désigné par le général Gaid Salah à la tête de l’État algérien, les opérations de vote ont été tout simplement annulées dans le Pays kabyle à l’occasion du référendum constitutionnel du 1er novembre 2020. La Kabylie marque une fois de plus son particularisme avec l’Algérie, n’en déplaise aux Hirakistes et autres tenants d’un jacobinisme révolu.

Certes, il y a eu un certain boycottage ou plutôt une lassitude des autres peuples d’Algérie. Les taux de participation officiels communiqués par les officines d’Alger oscillaient entre 20 % et 50 % par département. Toutefois, les opérations de vote ont tout de même eu lieu sans qu’il ait la moindre manifestation en dehors de la Kabylie. Le pouvoir, pour des raison encore mystérieuses, pouvait facilement faire passer le taux de participation aux alentours de 50 % ou 60 % pour légitimer sa constitution. De ce fait, on ne peut en aucun cas comparer la bravoure et le message politique envoyé par le peuple kabyle avec une nonchalance et désintégré total des Algériens arabes plus préoccupés sûrement par le sort du peuple palestinien et les caricatures de Charlie Hebdo.

Depuis l’assassinat de 128 jeunes kabyles par les gendarmes algériens en 2001, la Kabylie vit en rupture totale avec tout ce qui symbolise l’Algérie. Le statut folklorique de la langue amazigh malgré sa  »promotion » comme langue officielle, l’interdiction du drapeau amazigh en dehors de la Kabylie par les généraux algériens sous instigations des Émirats arabes unis et la mainmise des islamistes et des arabistes sur la soi-disant  »révolution du sourire » et la possibilité qu’elle accouche d’un califat, ont exacerbé le ras-le-bol général du peuple kabyle.

À défaut d’organiser un référendum sur l’autodétermination du peuple kabyle sous l’égide des instances internationales, les généraux d’Alger dans leur course folle à se donner à tout prix une légitimité de façade ont offert, sans le vouloir, deux occasions en or au peuple kabyle d’exprimer son particularisme.

Désormais, il y a lieu de regarder la réalité en face. La Kabylie constitue société distincte et son peuple a le droit de décider de son avenir en toute liberté. C’est ce préalable que doivent défendre les acteurs politiques kabyles au lieu et place

d’essayer d’imposer la laïcité et le fédéralisme aux autres amazighs et aux Algériens arabes alors qu’ils ne les ont pas demandés!

Linda At Wali

6 COMMENTAIRES

  1. Qu’est-ce qu’on va faire avec vous alors? C’est quoi la meilleure équation, manifester vous, présentez vos doléances à défaut d’avoir de bonnes résolutions.

  2. Comment tu peut voter dans un pays où 80% de la population sont des nomades et le taux d’analphabètisme le plus élevé au monde!

  3. Déjà une consultation écrite en arabe, ça commence très mal. Les kabyles n’ont plus rien à espérer de cette imposture arabo-islamiste, les masques sont tombés.

    • et en fancais mais pas de version Tamazight alors que soit disant c’est « aussi » une langue Officielle!
      C’est de la traitrise pure et simple de la part de ce systeme.

  4. Il faut être aveugle et sourd comme un harakiste kabyle pour ne pas constater que les Kabyles et les Algériens suivent des directions diamétralement opposées. Devant cette mascarade référendaire rejetée d’une manière claire nette et précise par les Kabyles, des harakistes algérianistes Kabyles se sont mis rapidement dans leur live à « analyser » à leur manière cet événement éclatant ; ils nous sortent encore leurs arsenal sur la conscience politique avancée des Kabyles et qu’il faut laisser du temps aux algériens pour nous rejoindre… comme si les algériens n’ont pas choisi une autre voie !

    Qui peut expliquer à Meziane Abbane, Said Sadi et leurs amis que les algériens ne sont nullement en retard politiquement mais que leur projet de société rejoint ceux de l’Egypte, de la Tunisie, de la Libye et autres pays de même idéologie.

    Que l’auteur du fameux « miracle algérien » se réveille et comprenne qu’entre lui et zitout les algériens ont déjà choisi depuis 1962. Les indépendantistes ne sont pas des fous ; s’il y avait une chance minime que Sadi ou un autre démocrate laïc accède au pouvoir en Algérie nous aurions voté avec 2 mains. Mais la réalité, chaque jour qui passe, nous montre que ceci est du domaine du rêve.

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