RCD : Yassine Aissiouane s’attaque à Belabbas

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Yassine Aissiouane
Yassine Aissiouane

KABYLIE (TAMURT) – Une guerre féroce oppose les partisans de Said Sadi, ne faisant plus partie du RCD et l’actuel président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, Mohcine Belabbas, pourtant imposé par le même Said Sadi, avant son départ singulier de la présidence du RCD.

La guerre en question cache une rivalité inexplicable entre Said Sadi et Mohcine Belabbas qui prend des allures de règlement de compte. Le premier ayant quitté le RCD ne s’exprime pas directement pour s’en prendre à Mohcine Belabbas mais on comprendra vite que ceux qui le font ont sa caution. Le dernier à avoir signé une sortie dans ce sens est le député Yassine Aissiouane, dissident du RCD, très proche de Said Sadi. Dans sa sortie, Yassine Aissiouane souligne : « Si je suis amené à m’exprimer aujourd’hui malgré moi, c’est pour répondre aux attaques toujours non assumées de Mohcine Belabbas. Je constate hélas que le silence n’est finalement pas la meilleure des attitudes à adopter face à un individu sans scrupules. Je dis non assumées, car le personnage fait toujours faire aux autres ce qu’il n’a pas le courage de commettre lui-même. Non satisfait d’avoir offert le RCD sur un plateau à Dhina et Zitout, il me demande, toute honte bue, de contribuer au financement de sa forfaiture. Le courrier qu’il a fait signer à son lieutenant et qu’il m’a envoyé, tenez-vous bien, par huissier de justice pour me demander, plus d’une année après ma démission en qualité de député, de lui verser 25 millions de centimes de prétendues cotisations est tout simplement symptomatique du cas qu’il représente. A ce titre, de légitimes questions s’imposent : ne sait-il donc pas que je ne suis plus du RCD qu’il a livré avec armes et bagages à RACHAD ? Quelles sont les motivations de M. Belabbas ? Pourquoi choisit-il ce moment précis ? Est-ce pour faire, encore, une autre diversion dont lui seul connaît le secret ou une attaque téléguidée d’ailleurs ? ».

Le même député ajoute : « Au lieu d’avoir honte de continuer à toucher son salaire de député sans même siéger à l’APN ou être disponible envers ses électeurs, il ose se présenter comme un exemple de moralité ». Yassine Aissiouane enchaine : « Ses vaines tentatives de justifier son maintien, contre vents et marées, au sein de l’Assemblée, qu’il a qualifiée lui-même de croupion est le comble de l’ignominie. C’est d’ailleurs cette même Assemblée croupion qui a fini, tout de même, par lui lever l’immunité parlementaire qui lui permettait de prendre des milliers de selfies hebdomadaires, en toute quiétude, sur les 300 m qui séparent le 87 rue Didouche Mourad de la place Audin ». Et d’ajouter : « Je vous rappelle M. Belabbas, et les témoins sont nombreux, que je n’ai eu de cesse d’insister sur la nécessité de notre démission du parlement dès le début de la révolution. Le refus a toujours été catégorique de votre part.

A présent, on comprend mieux les raisons qui ont motivé cette attitude. M.Belabbas, quand on s’engage pour un noble combat, on ne le fait pas pour des sous. En tout cas, s’agissant de ma personne, cela a toujours constitué ma devise. Mais puisque vous voulez faire les comptables, la réponse précise vous parviendra via mes avocats. Vous avez enregistré, conformément à votre règlement intérieur, un trop-perçu de 73 millions de centimes sur mes cotisations. Tel est pris celui qui croyait prendre ! ».

Yassine Aissiouane reproche, en outre, les fréquents déplacements « chez El Magharibia, la chaîne de télévision du fils d’Abassi Madani financée par les Qataris, et la compromission avec les islamistes en y adoptant notamment certaines de leurs thèses en ce qui concerne l’arrêt salvateur du processus électoral en 92 ». « La résultante de toutes ses gesticulations est l’adoption d’une feuille de route proposée par RACHAD après plusieurs réunions secrètes à Paris dans le but de faire main basse sur la révolution », ajoute le député de Tizi Ouzou. « Le résultat est là, le seul bilan dont Mohcine Belabbas peut s’enorgueillir, c’est celui d’avoir réussi là où le couple militaro-islamiste a échoué : détruire le parti le plus progressiste d’Algérie et peut-être bien de toute l’Afrique du Nord », conclut Yassine Aissi Aissiouane qui ne rappelle, à aucun moment, que c’est Said Sadi qui avait imposé Mohcine Belabbas comme président du RCD, contre toute règle démocratique.

Idir Tirourda

4 COMMENTAIRES

  1. Je soutiens pleinement Mohcene. Ce n’est pas en s’alignant avec les généraux qu’on va avancer!
    ces soi-disant islamistes dont parle yassine aissaouane ne sont il pas la création des généraux?
    on sait tous où est rendu said sadi!

  2. Bataille de chiffonniers indigne d’un parti qui se dit d’opposition démocratique et progressiste. On se croirait dans une cour d’école si ce n’est le ping pong avec des millions devant des Kabyles médusés qui dans leur majorité n’arrivent pas à boucler les fins de mois et qui pour certains découvrent pour la première fois enfin les motivations de ces politicards qui sous des relents de démocrates se chamaillent pour aller à la mangeoire.

    Quel Kabyle ne sait pas maintenant que siéger dans cette assemblée algérienne est synonyme d’enrichissement illicite ? Ces députés Kabyles qui se reprochent mutuellement de ne pas avoir démissionné à temps avant d’être démasqués, n’ont jamais pu, au vu de leur effectif attendu et connu avant chaque élection dans une logique de quota admise par eux tous, changer une virgule dans les projets de lois votés par cette assemblée, ils n’ont servi que de caution démocratique pour une chambre en réalité godillot, devant l’opinion publique et internationale.

    Ces élus qui n’ont aucun regard à la Kabylie meurtrie dans sa chair et dans son identité se complaisent dans l’arabisation qu’ils ses sont fixées à l’origine de leur parti de combattre et qu’ils ont fini par adopter ; qui n’a pas entendu ces élus baragouiner l’arabe dans cette assemblée faisant rire leurs collègues de Djelfa et de Elbayadh ? Que ne peut on faire de déshonorant pour des sous !!

  3. Les remous au sein des partis collatéraux du régime ne concernent en rien la Kabylie. La naissance des partis surtout ceux dits « kabyles » n’était rien d’autre que la tentative de draguage des kabyles dans la sphère du régime arabe. Pour ce faire il faut jouer sur le pathos. L’émotionnel à défaut des raisonnements politiques. Si la naissance du RCD, dit on, je reconnais n’avoir aucune verité vu que je ne connais aucun parti algérien ni mouvement de ces 40 ans derniers,. C’est crapuleux que de feindre éluder le choix civilisationnel et faire l’économie des procéssus anthropologiques. Rien que sièger dans le meme parlement né du coup d’Etat arabe de boumediene dit l’adhésion à la necessité de l’assimilation, un acte de démarcation sociétale. Si après la fin des sous le donneur d’ordre- le régime- est en crise nous sortir le « Hirak » révolutionnaire et mystifier les clivages en substituant les diatribes pseudo-laiques contre l’islamisme au sein du régime, c’est simplement séparer la sémantique du language, un bavardage politicard. Les partis Kabyles sont nés dans la boue et les peuples ont nécessité de terrain solide. Les individualités n’ont de sens que si cette dimension collective correspond réelement aux valeurs, les stratégie model « à peu près  » ne marchent pas. Ceci est du aussi au manque d’un cadre juridique autoctone qui puisse remémorer aux uns et aux autres le sens des limites, feindre la Kabylité tout en ayant comme référence la jurisprudence arabislamique comme limites c’est de l’hypocrisie. Voilà pourquoi il serait urgentd’avoir une constitution qui puisse contextualiser les limites comme rappèl aux uns et aux autres que l’on ne peut tricher sur les valeurs en feignant la Kabylité quand on a comme référence la jurisprudence arabe et islamique ou en recourant au justificatif facile de la legislation contraignante du régime- alors pourquoi donc ne pas renoncer à l’argent du régime?-. Eveiller le peuple et les partis suivent la dynamique, aujourd’hui ces partis semblent perdre la gravité, on ne peut du reste etre solide sans son peuple et le lien entre les deux dimensions est la confiance qui renverse le positionnement. Un peuple dont le savoir est fort ne peut subir de dictature, voilà pourquoi les islamistes sont à l’école et les démagogues en Kabylie. Une fois rompu cet anneau les chaines de l’oppression- intérieures et ectérieures – elles travaillent en commun, se brisent d’elles memes.

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