Tizi Ouzou : le militant amazigh Ali Ouabadi n’est plus

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Le regretté Ali OUABADI
Le regretté Ali OUABADI

TIZI OUZOU (TAMURT) – Le docteur Ali Ouabadi, qui vient de nous quitter, a fait partie du groupe d’étudiants ayant suivi les cours de langue tamazight, dispensés par Mouloud Mammeri à l’université d’Alger. Il était aussi un militant engagé et sincère de la cause identitaire amazighe pendant de longues décennies.

En plus de son combat acharné pour la cause berbère, Ali Ouabadi était docteur en médecine. Il nous a quittés le 3 mars dernier suite à une longue maladie contre laquelle il n’a cessé de se battre avec un rare courage. Son ami et compagnon de très longue date, l’écrivain Amar Mezdad lui a rendu un vibrant hommage en rappelant son parcours. Ainsi, rappelle Amar Mezdad, de 1971 à 2000, le défunt a participé à toutes les activités pour sauvegarder puis promouvoir la culture et langue amazighe. « Élève assidu du cours de Mouloud Mammeri, il a, avec la patience et la volonté qui le caractérisaient, aidé le Maître dans le travail de classification de ses fiches pendant de longs week-ends les années 1991-1993, rognant sur le temps qu’il consacrait avec son grand sérieux aux difficiles études de médecine », témoigne Amar Mezdad. Ce dernier a rappelé en outre que durant l’année 1973, il a joué avec brio dans la troupe de théâtre universitaire de Ben-Aknoun qui a porté par monts et par vaux, jusqu’à l’étranger, la célèbre pièce de Kateb Yacine, « Mohamed prends ta valise ».

Puis, à la fin de l’année 1973, grâce à sa voix magnifique de baryton, le Groupe Universitaire de Ben-Aknoun s’est préparé pour une participation au Festival National de la Chanson. Dans le même témoignage, il est indiqué que le groupe a fait jonction avec l’équipe d’Illoula mené par Ferhat Mehenni, donnant ses lettres de noblesse à la chanson kabyle quand le groupe Imazighen Imoula décrocha le 1er prix de ce même Festival National, lors de la finale qui s’est tenue à la salle le Mouggar. « Pendant tout ce temps, Ali n’a jamais négligé de se présenter 2 fois par semaine au cours de langue berbère », se souvient, comme si cela datait d’hier Amar Mezdad. Ce dernier rappelle en outre que Ali Ouabadi a obtenu son diplôme de médecin en 1976 et devait entamer une spécialité de cardiologie à la Faculté d’Alger mais à la sortie de son service national, en 1978, il a renoncé à ce projet préférant venir exercer à Tizi Ouzou avec dans sa besace d’autres projets bien ficelés. « En cette année 1978, avec certains de ses camarades bien-sûr, il a contribué à la renaissance, la refondation du FFS bien mal en point d’une façon magistrale malgré l’apparition, quoique bénigne d’une fêlure dans l’équipe culturelle originelle.

Cette alliance éphémère aura duré 2 ans et demi », souligne Amar Mezdad dans son émouvant témoignage consacré à son regretté confrère. Il rappelle aussi que le défunt a été parmi ses initiateurs et de ceux qui ont généré le 20 avril 1980 et ce qui s’en est suivi comme répression et solidarités.

Idir Tirourda

4 COMMENTAIRES

  1. Respect à ceux qui savent d’où ils viennent, ce qu’ils sont, ce qu’ils veulent, où ils veulent aller, et qui se battent pour l’obtenir.
    Sincères condoléances à sa famille, ses amis et ses proches.

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