Oran : Un pasteur kabyle condamné à deux ans de prison ferme pour « prosélytisme »

7
L'église d'Oran
L'église d'Oran

ORAN (TAMURT) – Rachid Seghir, un pasteur kabyle, responsable de l’église protestante d’Oran, et un autre chrétien de la même communauté religieuse, viennent d’être condamnés chacun à une peine de deux ans de prison ferme assortie d’une amende de 500 000 DA (environ 3000 euros) pour « prosélytisme ». Les mis en cause annoncent leur décision de faire appel de ce jugement inique.

Cette affaire remonte à 2017 lorsque les services de sécurité algériens avaient effectué une descente dans une librairie-papeterie de la ville d’Oran, laquelle est détenue et gérée légalement par R. Seghir, un kabyle originaire de Tizi Wezzu. Les policiers algériens y découvrent « le pot aux roses » : de la littérature chrétienne et des Bibles ! Il est alors accusé avec son assistant-vendeur de prosélytisme sur la base de l’article 11.2 de l’ordonnance de 2006 qui fixe les conditions ou règles des cultes autres que musulmans. Cet article prévoit une peine de 2 à 5 années de prison et d’une amende de 500 000 à 1 000 000 de dinars à l’encontre de quiconque « fabrique, entrepose, ou distribue des documents imprimés ou audiovisuels ou par tout autre support ou moyen qui visent à ébranler la foi d’un musulman ».

Ainsi, Rachid et son vendeur sont accusés de vouloir « ébranler la foi des musulmans ». Un pur procès d’intention. Cette librairie avait été immédiatement mise sous-scellés. A noter que cette condamnation a été prononcée par le juge le 27 février dernier en l’absence des deux chrétiens mis en cause. Pour rappel, le mois de janvier précédent, un autre chrétien kabyle a été condamné à cinq ans de prison ferme pour « blasphème » à l’encontre de l’Islam et de son prophète pour avoir partagé sur le réseau social Facebook une caricature postée par une autre personne. Ce chrétien se trouve actuellement en prison en attendant son procès en appel.

Pour le moment, ces condamnations n’ont suscité aucune réaction de la part de la société civile ni des partis politiques. Pourtant, chaque vendredi, des algériens sortent dans les rues pour réclamer « un Etat de droit ». Or, seul un Etat laïque peut garantir la liberté de culte à toutes les religions et confessions. Dans une Algérie dont la constitution consacre l’Islam religion d’Etat et dont la laïcité est considérée par la société arabo-musulmane comme « kofr » (un péché), les citoyens d’autres religions sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Il faut reconnaitre que la laïcité reste une singularité kabyle dans le paysage politique nord-africain. La laïcité est une réalité sociale profonde en Kabylie. En effet, il y a une séparation nette entre les pouvoirs religieux et politique représenté par Tajmaat (le conseil du village). D’ailleurs, l’expression légendaire « Jmaâ liman » dont l’équivalent en français serait « au nom de toutes les croyances ou fois » exprime avec clarté la vision du peuple kabyle quant à la régulation du religieux.

Il est utile de rappeler ici que des partisans du mouvement islamiste Rachad ont agressé, vendredi passé, des kabyles qui brandissaient une banderole réclamant un Etat laïque, lors d’une marche du hirak à Bgayet. Aux kabyles qui aspirent à un Etat laïc de tirer les conclusions qui s’imposent.

Arezki Massi

7 COMMENTAIRES

  1. En Algérie on germe les églises et on emprisonne les chrétiens L’Occident est complice de la junte arabo islamique algérienne . Au moment ou les trottoirs sont squattés pour la prière et les sous sol d’immeuble transformer en mosques avec la bénédiction des autorités local.

  2. L’islam en Europe s’impose en douceur et les chrétiens doivent s’affacer pour que la « oumma mortifère » puisse se propager comme une tumeur.

  3. C’est un régime arabo-islamiste qui met en application les règles établies par l’islamo-égyptien Boumediene (Boukarrhuba) membre de la confrérie des frères musulmans, et les principes strictes de la charia. Par cette condamnation, le régime réaffirme sa haine des kabyles et son intolérance envers les chrétiens. Et pendant ce temps là, en France les islamistes obtiennent des permis de construire et subventions publiques pour la construction de leurs mosquées, avec une facilité déconcertante. Solidarité avec les chrétiens persécutés. Quand les kabyles vont-ils enfin se décider à prendre leur destin en main, et s’affranchir de cette tyrannie arabo-islamiste ?

    • @arzaz, boumediene avait dit textuellement  » qu’il rendrait impossible aux kabyles de parler avec leurs parents « . C’est à dire rompre la communication entre passé( kabyle et Amazigh) et le futur, vu que les enfants seront arabisants ». Un acte Nazi qui repose sur l’ école islamique et arabe.
      En Afrique du Sud durant l’ Apartheid la langue Zoulou avait autorisée. Plus criminel que ça!

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici