La Kabylie ne votera pas pour la 3ème fois consécutive

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Pas de vote pour l'Algérie en Kabylie
Pas de vote pour l'Algérie en Kabylie

KABYLIE (TAMURT) – Avec l’annonce du boycott, par le FFS, des élections législatives anticipées du 12 juin 2021, désormais, la Kabylie ne participera pas à une élection pour la troisième fois consécutive après les élections présidentielles du 12 décembre 2019 et le référendum constitutionnel du 1er novembre 2020.

Mais cette fois-ci la situation sera plus complexe car, au lendemain de ce vote, si la tenue de ce dernier est rendu impossible, la Kabylie se retrouvera systématiquement sans députés donc sans représentativité élue au niveau de la prochaine Assemblée Populaire Nationale (APN). Ce cas de figure pourrait survenir dans la mesure où le scénario du référendum pour la révision constitutionnel du 1er novembre 2020 venait à être réédité tel quel. C’est-à-dire, si les centres de vote n’ouvrent même pas leurs portes aux électeurs potentiels et par voie de conséquence, le vote serait annulé.

Que fera le pouvoir dans ce cas de figure ? Il s’agit d’un scénario inédit dans l’histoire de la Kabylie, car lors des élections ayant succédé aux printemps noir de 2001, pour rappel, il y a eu tout de même quelques poches de votants ayant permis de dégager certains « députés » pour la Kabylie, surnommés, pour rappel, les députés de la honte, car en plus d’avoir trahi toute une région, ils avaient été élus avec juste une poignée de voix. On se dirige vers un scénario similaire, voire pire. Car, le rejet des législatives du 12 juin 2021 dans les quatre coins de la Kabylie s’annonce massif et inédit surtout après que les deux partis du FFS et du RCD aient annoncé qu’ils boycottaient ce rendez-vous électoral.

On se demande, dès maintenant, quelle attitude le pouvoir compte-t-il adopter face à l’impossibilité d’organiser ces élections en Kabylie car il ne s’agira pas seulement de boycott mais plutôt d’annulation annoncée de ce scrutin indésirable unanimement.

Idir Tirourda

6 COMMENTAIRES

  1. Il faut compter que sur soi même ca veut dire que sur la kabylie, car celle ci n’est pas la Palestine ni le polisario……..

  2. Le pouvoir dispose de 2 mois & 5 jours pour surprendre, préparer et mettre au point une réponse musclée à l’abstention de la règion !

    • A part les habitués de la mangeoire il n’y aura pas la foule aux bureaux de vote Kabyles même avec la répression la plus féroce.

  3. La Kabylie a longtemps cru que s’autocensurer pouvait être le sacrifice utile au pays pour exister. Or en termes de valeurs culturelles et civilisationnelles c’est la verticalité qui compte, se nier donne un signal de volonté d’acceptation des valeurs altèernatives, celles de benbadis et boumediene.
    L’histoire contemporaine a montré que les peuples sont universels dans leurs particularité, alors que le régime arabiste a cru utile nier soi pour donner une perspective unissiste au « monde arabe » que les benbadis nous propspéctaient comme aventure, sans sa propre tête.
    La lybie en a payé le prix cher. En interdisant le terroir Amazigh et en elévant la charia à legislation kadafi avait préparé le terrain au plus islamiques, les integristes puis le Qatar et les Emirats qui décident de l’avenir de l’ex peuple Amazigh.
    C’est la même diréction que le régime d’alger a emprunté, sauf que cette fois l’allure quand bien même entamée a été ralentie par la Kabylie qui a refusé d’obtempérer aux ordres des agents du Caire. La guerre civile aurait pu être un moment pour se ressaisir, hélas, les hommes meurent de leur habitudes, ainsi on nous repropose la hiérarchie des valeurs et des cultures, la langue arabe est langue d’Etat et Thamazight son appendice, autant pour l’islam qui reste la fonte juridique de l’Etat. La stratégie de « normalisation » consiste à faire croire qu’il n y aurait pas d’antinomie entre l’islamisme assumé comme determinant sociétal et Thamazight laicité et culture, ce qui donnera une reconnaissance- passeisation- des symboles Amazighs dans une réalité culturelle et politique arabocentrique. Donc au final c’est le fait accompli qui est reconduit.
    Les partis dits Kabyles sont le benchmarking du rapport de force et conscience entre la Kabylie et l’Etat arabe, jusqu’ici ils ont cru pouvoir induire une vision politique qui induit aussi une vision identitaire, au jour d’aujourd’hui le citoyen Kabyle refuse le paternalisme du régime mais aussi l’autocensure au nom d’une unité faite d’auto-amputation. En Kabylie l’Etat est tributaire du contexte culturel où l’individu compte, les partis ne peuvent plus feindre qu’il n y a pas de problèmes identitaires, ni même ne pas tenir compte du désastre lié à l’arabisation des institutions des écoles et la contre performance économique du pays sur tous les plans. Surtout quand les vrais arabes complotent contre le pays de Dyhia.
    La Kabylie

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