Printemps noir 2001 : Une date repère pour la nation Kabyle

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COMMEMORATION (TAMURT) – Chaque nation connait à travers son histoire des évènements-clés et forts qui fondent sa mémoire et sa conscience collective. Le printemps noir d’avril 2001, appelé communément Tafsut taberkant, constitue incontestablement une date repère pour la nation kabyle. C’est une date qui marque une rupture radicale et définitive avec l’Algérie coloniale : il y a un avant et un après avril 2001 pour le peuple kabyle.

L’assassinat par le pouvoir algérien de 128 jeunes kabyles entre le 18 avril, date du meurtre de Massinissa Guermah, et le 14 juin 2001, date de l’organisation de la grandiose marche vers Alger, réprimée dans le sang par la police algérienne, marque une rupture historique majeure et fondamentale entre la Kabylie et l’Algérie. Le fossé qui s’est creusé au fil des ans entre les deux entités a atteint son point culminant.

Ces évènements douloureux resteront à jamais gravés dans la mémoire collective du peuple kabyle. Si, avant avril 2001, la Kabylie marchait pour exiger la reconnaissance de sa langue, sa culture et son identité berbère, elle le fait désormais, après ces crimes qui restent à ce jour impunis, et pour une grande partie de ses enfants, pour réclamer son droit à l’auto-détermination. C’est ce que des centaines de milliers de kabyles s’apprêtent à faire en ce 20eme anniversaire de la commémoration du printemps noir. Les indépendantistes se préparent à envahir massivement les principales rues de Vgayet, Tizi Ouzou et Tuviret pour réitérer leur revendication ultime, à savoir l’indépendance de la Kabylie. L’aboutissement de cette revendication est le meilleur hommage qui soit rendu aux martyrs du printemps noir kabyle de 2001 et aux centaines de blessés, dont certains portent des séquelles physiques à vie.

En effet, la violence enregistrée contre les civils kabyles était celle d’une guerre, avec usage de balles explosives. Après ces évènements tragiques et l’échec du Mouvement citoyen des Aârchs à la suite des négociations avec le gouvernement Ouyahia, beaucoup de kabyles ont compris que seule la réappropriation de leur destin leur permettra de vivre en paix et que continuer à se battre pour une Kabylie libre dans le cadre de l’Etat algérien n’est qu’une illusion.

Arezki Massi

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