Il y a 150 ans mourut le chef de l’insurrection militaire de 1871

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Ameqran
Ameqran

KABYLIE (TAMURT) – Il y a deux sortes d’hommes : ceux qui font l’histoire et ceux qui sont fait par l’histoire ou la subissent. Mohamed El Mokrani en fait partie de la première catégorie. Homme d’Etat, Mohamed At Muqran est l’artisan de l’insurrection kabyle de 1871. Né en 1815, Mohamed At Muqran succéda à son père, Hadj Ahmed, décédé en 1853.

Quelques années plus tard, il sera assigné à résidence surveillée à Ben Aknoun (Alger). Ses biens seront confisqués en 1867 avant d’être convoqué par le haut commandement militaire basé à Bordj Bou-Arreridj. Une convocation qui persuadera hadj Mohamed El Mokrani que le soulèvement populaire est imminent.
Dans l’urgence, il procédera à la nomination des chefs militaires pour commander son armée. Puis, il adressera une lettre au peuple kabyle lue par son frère Boumezrag au marché de Sidi Aïssa en février 1871.

Le premier mars, une première victoire fut remportée sur l’occupant français. Un appel à la mobilisation générale fut proclamé le 07 mars. Fort des ses trois mille cavaliers il prendra à partir du 08 mars position sur les hauteurs de Medjana.
Le lendemain, il présentera sa démission de ses fonctions aux français. Quatre jours plus tard, soit le 14 mars, un conseil de guerre fut tenu dans ses nouveaux quartiers. Son frère Boumezrag prendra d’assaut un campement militaire étranger à Ouled Bakhriss dans la région de Bordj Bou-Arreridj. L’occupant répliqua par des représailles à l’encontre de la population.
Le 6 avril, El Mokrani envoie une délégation importante pour rencontrer cheikh Aheddad, un érudit religieux kabyle, qui appellera deux jours plus tard la population à prendre les armes contre l’envahisseur. Après plusieurs victoires sur l’occupant, hadj Mohamed El Mokrani tombe au champ d’honneur le 5 mai 1871 à l’âge de soixante ans.

Il importe de rappeler qu’après la chute de la ville de Vgayet, la famille des At Muqran (El Mokrani) fonde, en 1510, le royaume indépendant d’Ath Abbas.
Les notables hafside, les artisans et l’élite de la cité tombée aux mains des Espagnols trouveront refuge à la Kalaâ d’Ath Abbas. Ils donneront ainsi naissance à un nouveau royaume dans l’arrière-pays de Vgayet, sur les hauteurs imprenables de la Soummam.

Le nouveau royaume tiendra ensuite en échecs toutes les tentatives d’invasions des Espagnols et des Turcs, devenant un véritable centre politique, culturel et économique.
Le royaume s’étend sur un territoire embrassant le Djurdjura et toutes les régions intérieures jusqu’à Boussaâda. En 1624, la mort du dernier sultan et les luttes intestines entre dynasties précipiteront la chute du royaume.
Il aura fallu attendre près de deux siècles pour que la Kalaâ ait un autre chef de la trempe de ses fondateurs. il s’appelle Mohamed El Mokrani.

Dalil Imaxlufen

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