Vgayet: Le nouveau pole urbain d’Ighzer Ouzarif ou la cité dortoir !

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Ighzer Ouzarif
Ighzer Ouzarif

VGAYET (TAMURT) – Sans aucune infrastructure d’accompagnement, le nouveau méga pôle urbain d’Ighzer Ouzarif, situé sur les hauteurs de la commune d’Oued-Ghir, où pas moins de 16 000 logements tous types confondus sont en construction, dont plus de 5700 unités seront livrées sous peu, n’est présentement qu’un immense dortoir.

Ses futurs habitants sont ainsi appelés à faire le déplacement jusqu’au chef-lieu de Vgayet, sur plus de 10 km, pour acheter leur pain, se ravitailler en denrées alimentaires, se soigner ou suivre leur scolarité.
Sur papier, un lycée, 6 groupes scolaires, 4 CEM, une polyclinique, une sûreté urbaine, une bibliothèque et la réalisation d’une route reliant ce pôle urbain à la nationale 12, sont inscrites à l’indicatif de cette nouvelle ville.
En ce qui concerne, les commerces des légumes et fruits, les boulangeries, les supérettes, et autres prestations seront laissés à l’initiative des opérateurs privés.

Cette situation qui suscite, à juste titre, des appréhensions parmi les futurs résidents de cette ville, a donné matière à l’association sociale pour la protection du consommateur et de l’environnement TALSA qui a interpellé les pouvoirs publics dernièrement à la faveur d’une réunion de la cellule de crise installée au lendemain du séisme qui a secoué Vgayet le 18 mars 2021.
Si son occupation immédiate ne s’accompagne pas des moyens de prévention liés à la protection de l’environnement, ce nouveau pôle urbain offrira, à coup sur, la même image, affreuse, que le centre-ville de Vgayet, avec ses décharges à chaque coin de rue et ruelle, quartier et ses oueds intramuros devenus des égouts à ciel ouvert.

« Nous craignons le pire» s’alarme le président de l’association TALSA lors de son intervention devant les membres de cette cellule de crise, précisant que « le transfert de centaines de familles sinistrées du séisme du 18 mars, mais aussi des bénéficiaires de logements, tous types confondus, vers le nouveau pôle urbain d’Ighzer Ouzarif, alors que les conditions d’habitabilité ne sont pas réunies sur plusieurs plans, ne manquera pas de déstabiliser la commune d’Oued Ghir puisqu’une partie du site de l’ancienne décharge sauvage est occupée par le programme d’habitat AADL, OPGI, LSP… »
Il enchaîne : « Il sera donc très difficile pour la commune d’Oued Ghir de réguler dans un court laps de temps ce flux de populations et faire face à leurs besoins immédiats d’installation. »

Pour l’association TALSA, les besoins à naître de cette arrivée massive de populations, soit environ 80 000 âmes, en matière de crèches, de scolarisation de leurs enfants des différents paliers, de soins de proximité à travers la création de centres de santé ou d’un hôpital, de sécurité, de transport, de services postaux, d’antennes administratives, d’une unité protection civile…etc., constitueront un véritable casse-tête pour les autorités communales d’Oued Ghir et les futurs habitants de ce site. D’où, plaide-t-on, l’urgence d’y remédier.

Dalil Imaxlufen

7 COMMENTAIRES

    • Aucun respect de l’architecture de montagne.
      D’une mocheté à vomir les kabyles qui en sont responsables.
      Ils doivent répondre de leur horreur ces irresponsables.
      Quel scandale !

  1. Tout est fait pour détruire encore et encore… Là où on pose le regard on ne voit que désolation. Le pire est ce qui naîtra de ses villes chancres; délinquances, crimes, perte de repères et de valeurs. La déshumanisation des populations ne fait que commencer. Je parie que l’unique  »infrastructure » qui verra le jour sera une immense mosquée pour achever toute lueur d’espoir pour les habitants de ces cités.

  2. Quelle horreur! Même à Tahiti, les immeubles sont plus beaux. Mais qui sont ces architecte sans culture ni savoir vivre?

    • Quel dommage de reproduire les erreurs du passé.
      Je veux parler des cités en France.
      Jusqu’à présent les politiques s en moquent et laissent la vermine pourrir la vie des gens.
      En tant qu immigré ayant grandi dans ces barres je peux vous garantir que si les jeunes qui y vivront subissent le chômage, c’est la délinquance assurée

  3. La barbarie étant dans la tête elle se répand sur tout le corps. La cartographie des lieux dit tout sur la violence du système, sur l’identité et le sens de l’espace et temps humains.
    La visière quantitave dit que ces cages à lapins servent ceux qui les ont construites.

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