Elections municipales : les animateurs du hirak divisés

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Le Hirak algérien
Le Hirak algérien

ALGERIE (TAMURT) – Le fossé ne cesse de se creuser entre les différents animateurs du mouvement dit hirak. Le bras de fer entre les animateurs en question s’est encore exacerbé à cause des élections municipales du 27 novembre prochain.

En effet, les partisans de la participation et ceux qui s’y opposent se sont déclarés la guerre de manière frontale. Le torchon brûle entre les animateurs du hirak, lesquels jusqu’à un passé très récent faisaient mine d’être sur la même longueur d’onde. Or, il a suffi qu’il y ait une échéance électorale sur laquelle les avis sont diamétralement opposés, pour que les divergences, qui couvaient, éclatent au grand jour. Des animateurs du hirak s’en prennent de manière virulente à ceux qui n’ont pas hésité à s’engager et à se porter candidats aux prochaines élections municipales.

Parmi ces derniers, on retrouve des militants et des cadres du FFS, entre autres. Car ces derniers, pour rappel, avaient adhéré massivement au dit hirak, qui a démarré le 19 février 2019, et ce, en dépit de toute l’ambiguïté qui l’entourait. Naturellement, ils ont rejeté les deux derniers scrutins (la présentielle et le référendum constitutionnel). Mais ils ont changé complètement d’attitude en décidant de s’engager dans le prochain vote. Une contradiction que leurs détracteurs dans les rangs même du hirak n’ont pas hésité à exploiter. Il était évident que le hirak allait se terminer en queue de poisson car plusieurs courants incompatibles, voire ennemis (démocrates et islamistes extrémistes) y cohabitaient étrangement.

Le hirak n’a pas été tissé sur la base de convictions politiques communes, ni même sur la base de projets de société qui convergent. L’échec du hirak n’est donc que le seul résultat auquel pouvait aboutir un mouvement qui n’a jamais réussi à dégager un consensus ni concernant ses figures les plus représentatives ni au sujet de ses grandes lignes politiques.

Juba Gacemi

6 COMMENTAIRES

  1. .
    Le ‘ Mouvement protestataire populaire et pacifique ‘ s’oppose ‘ directement – farouchement – frontalement ‘ au Régime dictatorial militaro-mafieux. C’est un Mouvement qui investit la ‘ question politique ‘, la ‘ question du pouvoir ‘ en l’occurrence, qui est la ‘ question principale et primordiale, essentielle et fondamentale, générale et globale ‘. C’est ce qui fait sa crédibilité, sa respectabilité, d’où l’adhésion massive de la population civile, et ce depuis le début, 2019…. C’est un ‘ Mouvement oppositionnel, rassembleur, fédérateur, unitaire, unificateur ‘ , qui heurte fortement les Généraux assassins et prédateurs, qui sont les vrais décideurs (les Parrains, comme Nezzar de nos jours et les Maitres de la Police occulte)…..

    La population civile a la rage contre le Régime militaro-mafieux, elle sait qu’il est ‘ l’Obstacle principal, le Problème primordial, le Mal originel, l’Origine du mal, le Démiurge …

    La population est convaincue que c’est la fin de la Dictature militaire et l’instauration de l’Etat de droit et la Démocratie réelle qui apporteront les solutions adéquates aux problèmes de tous ordres …

    Tandis que les Extrémistes de tous bords (…) agitent la ‘ question idéologique ‘ (cultes, cultures, langues, etc.) : leurs ‘ visées réelles ‘ et ‘ l’impact politique ‘ (immédiat et futur) sont destinés à ‘ diviser – fractionner – séparer – isoler – discréditer – discriminer, etc. ‘, induire en permanence la ‘ division totale ‘, ce qui conforte et renforce la Junte militaire régnante. Ce sont des ‘ chargés de mission ‘, des ‘ chiens de garde ‘ du Pouvoir réel (la Police politique secrète) …
    .

    • Extrémiste dites vous? Revendiquer sa propre culture et ses propres valeurs n’est pas extrême, sauf pour les occupants et leurs supplétifs. Autrefois on disait  » groupuscules  » sous le colonialisme blanc aux yeux bleues, rien ne change quand c’est le bureau arabe installé par De Gaulle. Votre langage dit votre âme fasciste couverte de paternalisme pacifiquement. Une révolution comme dès son approche. Vous autant que le régime avec lequel vous partager toute l’ infrastructure, voudriez nous vendre une révolution édulcorée où vous reproposez la logique top down comme procédé et avez le culot de prétendre que nous suivions derrière comme des moutons? C’est juste un changement de rythme du régime, dicté par la conjoncture. Mais aussi et surtout un moyen pour s’ assurer du fait accompli. Sinon la sémiologie est criante: une organisation dont la logistique est efficace et ponctuelle ne peut être l’ oeuvre du peuple réduit à masse islamique.

  2. Le drapeau national algérien = Algérie ottomane, arabe et islamique.
    Aucune allusion aux berbères, peuple ancestral, exclus de facto de l’algérie post-1962.
    Les imposteurs pseudo-arabes et frèristes aux commandes de ce pays ont voulu bâtir dès 1962 une nation arabo-islamiste sur le socle d’une population berbère. C’est une imposture qui dure depuis 60 ans, et où les berbères que sont les kabyles, sont évidemment les dindons de la farce. Les algeriens auraient dû avoir un niveau de vie équivalent à celui des européens, si les dirigeants et oligarques du régime et du système militaro-mafieux avaient entrepris de le développer plutôt que de le piller. Ils auraient mieux fait de bâtir une nation berbère, berbèrophone et laïque.

  3. Ce mouvement me fait penser aux gilets jaunes en France. Il a eu pour effet les mêmes causes que pour le hirak (la violence en moins du côté hirak) et la dispersion du mouvement gilet jaune!

  4. Un mouvement qui voulait séduire en recourant au bâton et la carotte, en feignant l’égalité entre ce qu’ils appelent les composantes du tryptique: arabité- je ne comprends pas depuis quand on serait arabe-, islamité- le choix religieux n’est pas du ressort de l’État ni des institutions- quand bien même légitimes, ce qui n’a jamais été le cas. Quant à l’Amazighité, ce grain de sel utile pour redorer leur stratégie mystificatrice a été dénudé par les faits. On a non seulement mis en prison des jeunes pour avoir exhibé le drapeau Amazigh mais ils maintiennent l’arabe langue d’État et Thamazight, comme pour les femmes, langue de cuisine. La langue n’est pas le fait de parler mais de lire le monde, donc avant de feindre l’officialisation, il faudrait impliquer les valeurs Amazighs que sont la liberté religieuse, l’État séparé de la mosquée, or la constitutionette veille à en faire de l’islam l’épèe de Damoclès contre toute loi qui oserait contredire l’islam. Ainsi 50% des femmes sont prisonnières du status de 1/2 citoyenne en droit- quand on sait de quels droits disposeraient les mâles, qui ont tout l’intérêt de solidariser avec les femmes, car la liberté augmente en l’élargissant aux autres.
    Pour tout cela nous avons besoin d’une femme comme porte parole. La kabylie de bonheur contre celle de la grisaille.

  5. Le mot « hirak », vient du mot « haraka », bouger, qui a donné « harki », traître durant la guerre d’Algérie. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on ne pouvait aboutir, fatalement qu’a des harkas, des traîtres à la cause démocratique en général et la cause kabyle en particulier.

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