40ème jour de la disparition d’Ali Maâmès – la Kabylie a rendu hommage à l’infatigable militant de la cause berbère

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Il y avait beaucoup de monde ce matin au village à Ikhrivène, village situé dans la commune et daïra de Tizi-Rached (Tizi-Ouzou). Pour se frayer un chemin, il fallait jouer des coudes. C’est normal. En effet, c’est le quarantième jour d’Ali Maâmès, l’homme qui a passé toute sa vie à militer pour la reconnaissance de l’identité et la culture kabyles. Le défunt né en I932 en Kabylie et décédé à la fin de l’automne dernier en France a fait son entrée dans le mouvement national où il a considéré le kabyle comme l’une des constantes nationales. Après les années de feu, Ali Maâmès s’est retrouvé dans les rangs de l’Armée de Libération Nationale (ALN). Après l’indépendance de l’Algérie, la frustration n’a pas quitté l’homme.

Son identité véritable n’est pas reconnue par les nouveaux tenants du pouvoir. C’est pourquoi, il décida de reprendre la question laissée en suspens en I949. Au printemps I980, l’homme aguerri à la lutte, se retrouva en pleine action. La contribution d’Ali Maâmès au combat repris par la nouvelle génération d’intellectuels kabyles était efficiente sur beaucoup de plans ; même financièrement. Les registres du Mouvement Culturel Berbère (MCB) gardent encore l’empreinte du défunt. Et c’est encore avec les larmes aux yeux qu’il accueillit la création du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) après les massacres par l’Etat algérien contre les jeunes kabyles au printemps de cette année qui est connu sous l’appellation de Printemps Noir. A chaque combat, à chaque lutte pour la reconnaissance des droits et la dignité des Kabyles en tant que peuple, Ali Maâmès répondait « présent » à l’appel de l’honneur et de l’obligation. Ni l’âge ni le pessimisme n’ont réussi à le faire trébucher ou le pousser à un quelconque doute quant à son combat. C’est pourquoi, il était difficile ce matin à se frayer un chemin à Ikhrivène tant il y avait foule.

En effet, les Kabyles y étaient venus massivement lui rendre un vibrant hommage. Parmi, la gigantesque foule, figuraient la grande famille militante et patriotique du MAK dont sa délégation officielle fut conduite par son président, M. Bouaziz Aït-Chebib, le Congrès Mondial Amazigh (CMA), à sa tête Lounès Belkacem et Kamira Naït-Sid, le président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD, France, M. Hand Sadi, M. Hamid Akni, président du RCD, Bureau de Tizi-Ouzou, le Dr Mouloud Louaouci, élément actif du MCB, Areki About, dirigeant de la Maison des Droits de l’Homme et du Citoyen de Tizi-Ouzou et ancien détenu et torturé du mouvement de I980, Hacène Hirèche, acteur du MCB et tant d’autres grandes figures du mouvement militant pour la démocratie et la reconnaissance de l’identité berbère. Leur nombre est tel qu’il est impossible de citer tous leurs noms.

S’agissant de la cérémonie de recueillement, elle s’est traduite par une offrande (El-Wadha), le dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe du défunt et des prises de parole. Concernant ce dernier point, beaucoup de personnalités se sont succédés au micro pour souligner la grandeur authentique de feu Ali Maâmès. Parmi les nombreux intervenants, nous pouvons citer Hand Sadi, Hacène Hirèche, Lounès Belkacem, Bouaziz Aït-Chebib. Celui-ci, au nom de la grande famille militante et patriotique du MAK, a fait réellement dans l’excellence quant à l’historicité du combat de feu Ali Maâmès. Le président du MAK a souligné enfin que les grands hommes ne meurent jamais en réalité. Un témoignage fort émouvant.