5 juillet 1962- 5 juillet 2018 : Célébration d’une indépendance confisquée

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Indépendance de l'algérie
Indépendance de l'algérie

ALGERIE (Tamurt) – Demain, jeudi 5 juillet, l’Algérie officielle célébrera, avec un semblant de faste, l’anniversaire de l’Indépendance. Mais le peuple, lui, continuera de subir les conséquences désastreuses de la confiscation de cette même indépendance chèrement payée avec plus d’un millions de martyrs et d’autres sacrifices incommensurables. Sans doute, c’est la Kabylie qui a payé le plus lourd tribut de cette confiscation. Alors qu’elle a été la région la plus impliquée, corps et âme, durant la guerre d’indépendance aussi bien dans les maquis que sur le plan de l’organisation politique du FLN-ALN. La Kabylie et ses hommes ont vite été écartés au lendemain de l’indépendance.

On n’a même attendu l’indépendance pour liquider Abane Ramdane et après le 5 juillet 1962, tous les officiers kabyles qui se sont sacrifiés et mis en péril leur vie et celle de leurs familles ont tout simplement été mis à l’écart par Ahmed Ben Bella, Houari Boumediene et leurs complices qui ont pris le pouvoir bien sûr par la force et non pas par les urnes. Le fleuve de l’Algérie a été alors détourné pour reprendre l’expression de l’un des meilleurs écrivains de ce pays, Rachid Mimouni. Cinquante-six plus tard, le constat ne souffre d’aucune équivoque. Le pays ne se porte pas bien. Loin s’en faut, d’aucuns n’hésitent pas à qualifier le sacrifice des centaines de milliers de martyrs de vain.

Les jeunes d’après l’indépendance sont rongés par le désespoir à tel enseigne qu’ils n’attendent rien de leur propre pays et ne rêvent que d’une seule chose : quitter l’Algérie pour des cieux plus cléments. Même au péril de leur vie en optant pour être des candidats à la « Harga » (traverser la mer clandestinement). Le hic, c’est qu’aucun des hauts dirigeants qui ont pris en main le destin de l’Algérie, après l’indépendance, n’a eu le courage et l’honnêteté intellectuelle de faire son mea-culpa et de reconnaître leur échec total.

Tarik Haddouche