Le 6 février, Tamazight langue « officielle » : Une année plus tard, rien n’a changé en Algérie

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Tamazight

ALGÉRIE (Tamurt) – Une année après l’officialisation de tamazight en Algérie, il n’existe aucun document administratif ou autre qui est rédigé en langue amazighe. Aucune trace de la langue amazighe ne se trouve  sur les cartes d’identité, ni sur les passeports, ni dans aucun autre document comme le permis de conduire, les fiches individuelles et familiales, les extraits de naissance délivrés par la mairie. Il n’y a même pas une présence symbolique de tamazight, par exemple, dans les entêtes ou les cachets officiels.

Une opération qui nécessite pourtant juste une volonté mais pas de grands moyens. Par ailleurs, une année6 après l’officialisation de Tamazight en Algérie, et contrairement à ce qui n’a pas cessé d’être chanté pompeusement  aussi bien par Benghebrit, la Ministre de l’Education que par Assad El Hachemi, secrétaire général du Haut commissariat à l’Amazighité (un kabyle qui ne s’exprime qu’en arabe depuis qu’il occupe ce poste de responsabilité), l’enseignement de la langue amazighe n’a pas été généralisé dans les quarante-huit wilayas, encore moins dans les trente-quatre, prévues normalement depuis la rentrée de septembre 2016.

En outre, sur la centaine de journaux qui existent en Algérie (entre privés et publics), aucun n’est en langue amazighe. Pourtant, tous les journaux algériens ne se maintiennent que grâce à la publicité étatique généreusement distribuée par l’Anep (Agence nationale d’édition et de publicité). Cette dernière récompense les journaux en fonction de leur docilité et de l’absence de critiques envers les gouvernants du moment. On constate aussi qu’une année, jour pour jour, après la constitutionnalisation de la langue amazighe, le 6 février 2017, il n’existe point d’Académie de promotion du berbère, pourtant annoncé simultanément avec la  décision de conférer à tamazight le statut de langue officielle après qu’elle soit devenue langue nationale en 2002, suite aux événements du printemps noir de 2001 ayant fait plusieurs dizaines de morts parmi la population kabyle.

La liste est encore longue des exemples qui montrent et démontrent qu’il n’y a eu aucun prolongement concret sur le terrain de la décision d’officialiser tamazight, saluée par les kabyles naïfs comme étant un événement historique voire révolutionnaire. Une année après, on est encore dans une République arabo-islamique en Algérie, où il n’y a aucune place ni à tamazight, ni à aucune autre langue, encore moins à une autre religion ou croyance que l’Islam.

Lyès Medrati