Ait Ahmed : le fleuve de sang asséché

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Ait Ahmed : le fleuve de sang asséché
Ait Ahmed : le fleuve de sang asséché

KABYLIE (Tamurt) – Il est là devant vous, allongé entre quatre planches en bois. Il est là devant, et vous à ses pieds. Qu’il est pénible, ce laps de temps, ce fragment d’espace qui sépare l’aéroport d’Alger de sa demeure éternelle : la Kabylie.

Il est là devant vous, et pour que la distance devienne respectable, vous devriez vous effacez ne pas exister. Au lieu de ça vous lui tendiez un traquenard à la descente d’avion. Cet espace est le votre, vous pouvez en disposez à votre guise. Après que l’exil auquel vous l’avez acculé des années durant l’ai damné. Vous vous êtes empressé tel des charognards sur une proie.

Désormais vous avez traversé le fleuve de sang qui vous sépare avec Dda Lho. Les actuels tenants du FFS ont dû abattre tous les idéaux défendus par ce grand homme pour édifier la passerelle de la honte. Certains plus zélés que d’autres, à l’instar du député Bouaiche se sont vautrés corps et âme pour vous permettre d’atteindre cette rive. De votre hypocrisie émergente, de leur soumission totale est née la trahison.

Vous avez beau effleuré le cercueil. Vous avez beau pavané devant en képi militaire et lunette noire à la Pinochet. L’historicité n’est pas contagieuse. Elle ne se contracte pas par les coups de forces devant vos flashs et les caméras. Le respect ne se transmet pas par wifi ni par câble. Les pierres de l’édifice historique sont le combat et le courage, et son ciment s’appel la confiance. Vous messieurs et mesdames du pouvoir et du FFS vous venez de rajouter une pierre à l’édifice de la trahison.

Vous avez beau aligné les discours de toute la presse et de vos télés éternellement menteuses sur le communiqué erroné de la présidence. Vous avez beau rabâché à longueurs de directs et de reportages qu’il avait choisi l’exil de son plein gré, votre discours est inaudible.

Vous avez beau slalomer entre les drapeaux amazigh et kabyle, pour cacher la vraie communion du peuple avec son fils. Vous avez beau garder la main vigilante sur le bouton du son, l’image a trahi la plus habile de vos mises en scène. La Kabylie assène encore et encore un énième démenti à vos complots ourdis, à vos mensonges éhontés.

Quant à vous, piètres héritiers politiques rappelez-vous votre camarade Kamel Eddine Fekhar et ses amis  qui croupissent actuellement arbitrairement dans une prison algérienne. Rappelez qu’au moment où la famille de Dda Lho, ses amis et des anonymes se recueillaient sur sa dépouille à Lausanne, vous aviez du mal à cacher votre joie de battre l’ennemi intime, le RCD aux sénatoriales de la honte.

Dans cette épreuve sauf le peuple aux côtés de la famille de Dda Lho ont su éviter l’affront. Ils ont refusé les officiels et l’hommage officiel. Ils ont refusé « l’honneur » et les moyens mis à leur disposition. Ils sont allés jusqu’à refuser le micro de la télévision algérienne. Un seul héros le peuple, mais Kabyle cette fois-ci.

Zahir Boukhelifa