8e congrés du CMA: L’internationalisation de la question amazighe

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TUNIS (Tamurt) – « L’une des raisons premières de la création du CMA, il y a 25 ans, était de porter la question amazigh devant l’ONU. Il s’agissait d’un travail de longue haleine qui a demandé beaucoup de sacrifices mais grâce à la persévérance des militants nous y sommes parvenus »,a précisé Dr M. Lounaouci, le 26 octobre dernier à l’ouverture des huitièmes assises du congrès à Tunis sous le thème : Liberté et Dignité.

A ce propos, il a appelé le mouvement associatif amazigh à faire un travail collaboratif et à travailler « main dans la main » pour encourager la culture, la langue et les traditions amazigh en Afrique du Nord. « Les Associations à caractère culturel amazigh doivent se regrouper en réseau pour apporter une valeur ajoutée aux actions menées séparément dans les pays amazigh : Algérie, Tunisie, Maroc, Egypte et Iles Canaries », a-t-il souligné.

Pour sa part, la présidente du CMA, reconduite pour un second mandat, Kamira Nait Sid a appelé la société civile de Tamazgha à multiplier les rencontres culturelles pour évoquer : les traditions, les origines, l’histoire de l’Afrique du Nord. « Plus de 25 langues disparaissent chaque année et pour éviter la dissolution de la culture amazigh, il incombe à tout un chacun de valoriser son patrimoine culturel en portant à bras le corps cette cause noble et juste par des actions pacifiques et civilisées », a-t-elle mentionné.

En outre, elle a ajouté que les différences identitaires, linguistiques et culturelles représentées par les Kabyles, les Chaouias, les Mzabs, les Rifains forment une diversité et une richesse pour le patrimoine national d’où l’intérêt de sauvegarder cette pluri-culturalité. « Un patrimoine qui disparait est une perte pour toute l’humanité. Pour éviter la dissolution de la culture amazigh il est primordial de réagir à l’échelle citoyenne, nationale et internationale », a-t-elle martelé.

Par ailleurs, une rétrospective des activités menées par le CMA ces trois dernières années ont été retracées. Parmi elles, figure : l’introduction de la question amazighe au Parlement Européen en 2015 et la désignation du secrétaire général du CMA, Belkacem Lounes comme expert du groupe de travail de la Commission africaine des Peuples Autochtones. Concernant le mouvement associatif, le CMA se réunit, régulièrement, avec les associations amazighes d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, de France, de Belgique, pour mener des actions promotionnelles conjointes.

En outre, le CMA a participé à plusieurs rendez-vous planétaires sur les changements climatiques tels que : la COP21 à Paris en 2015, la COP22 à Marrakech en 2016 et la COP 23 en Allemagne en 2017. Lors de ces rencontres, la Société Civiles y est représentée pour apporter sa pierre à l’édifice pendant les conférences-débat et les manifestations publiques.

Dans le même ordre d’idée, le CMA participe aussi au rencontres sur les thèmes de l’environnement avec des Associations internationales de la sauvegarde de l’environnement comme : l’Association des Populations des Montagnes du Monde (APMM).

A ce sujet, des campagnes de solidarité ont été menées pour venir en aide aux victimes des feux de forêts, des inondations, dans toute l’Afrique du Nord.

Cette rencontre a été aussi l’occasion de rendre hommage à l’un des fondateurs du CMA et militant amazigh de la première heure, feu Ali Maames. Pour ce faire, un documentaire retraçant son parcours de révolutionnaire pour l’indépendance de l’Algérie et de militant pour les droits des amazigh a été diffusé.

Sur un autre volet et comme à leur accoutumée, des représentants du peuple basque et catalan ont apporté leur soutien à la cause amazigh. Ils ont, à ce propos, mis l’accent sur le rôle des réseaux sociaux, pour la revendication des droits des peuples autochtones.

Enfin, l’un des points focaux sur lesquels les débats ont porté, lors de ce 8 éme congres est la généralisation de l’enseignement de la langue, la culture et l’histoire des Amazighs au niveau dans toutes les wilayas et à tous les paliers éducatifs.

L’enseignement de la langue uniquement est insuffisant. L’histoire et la culture des origines de Tamazgha doivent être intégrées dans les manuels scolaires, se sont-ils accordés à dire.

Par Cylia Lateb