À ceux qui se trompent d’époques

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À ceux qui se trompent d’époques
À ceux qui se trompent d’époques

(Contribution de Hsen Ammour) – Les algérianistes ont leur époque et les Algériens araboislamistes ont en la leur. Les premiers se recrutent chez les anti-français primaires, les opportunistes, les aliénés de tout bord, les révolutionnaires de la dernière heure, qu’ils soient francisants ou arabisants. Ils ont une âme victimaire. Ils polluent l’atmosphère par le politiquement correct. Leur fonds de commerce c’est de s’opposer toujours à la France. Ceux-là disent que les Algériens sont tous kif-kif – il faut interpréter le kif-kif de la sorte: tous les Algériens habitent une sphère géographique, qu’ils partagent tous ensemble, qu’ils soient kabyles, mozabites, chaouis, targuis ou arabophones. Le même colonialiste a sévi depuis 1830 contre tous les habitants de l’Algérie, donc ce fut le même combat. Le pouvoir des militaires depuis 1962 a instauré un système politique, une seule religion, une seule langue l’arabe pour tout le peuple, car les langues amazighes ont une couleur très méditerranéenne et africaine. Remettre en question l’arabisation, c’est réinsérer l’Algérie dans le giron de la France et dans la chrétienté.

Les seconds, les Algériens araboislamistes voient leur époque commencer à partir de la conquête islamique, au 7. et au 11. siècle. Ils se rencontrent dans le gouvernement, dans les mosquées, dans la presse et pratiquement dans toutes les administrations. Leur père spirituel est essentiellement Okba Ibn Nafaa, un général arabe, qui a propagé l’Islam en Afrique-du-Nord, avant d’être éliminé par un chef Berbère dans la région de Biskra. Dans notre histoire contemporaine, leurs idoles sont Ben Badis, l’Émir Abdelkader et Messali Hadj. Ils sont nostalgiques de la période andalouse et de l’Espagne occupée pendant huit siècles par les musulmans. Leur but est l’instauration d’un grand ensemble arabe allant du Maroc jusqu’au Moyen-Orient. Ils sont mandatés politiquement par l’arabobaathisme et religieusement par le wahhabisme des potentats du Moyen-Orient. Ils ont une presse écrite et des télévisions en abondance, entretenues par des moyens financiers occultes. Leurs attaques sont focalisées contre le monde occidental, contre la Kabylie et Israël ou les Juifs en général. Ils brandissent la langue arabe et le livre saint de l’islam comme arme de persuasion. Ils ont le pouvoir et des relais partout en Algérie. Les Kabyles de service et les Berbères de services leur serrent de strapontins nationalement ou internationalement en politique ou dans les médias de masse. Un dénommé Nacer, un modérateur de la télévision El Magharabia (chaîne islamiste), a même osé insulter en direct la semaine dernière, lors de la cérémonie en hommage au défunt Dda Lhusin à Lausanne, les responsables kabyles, en les mettant « tous à la Poubelle », car dit-il , ils veulent diviser l’Algérie. Ce personnage hideux, présent á la cérémonie de Lausanne, en Suisse, appartient à cette légion de traîtres ayanteu pignon sur rue comme à Paris, lors de l’occupation nazie. On se souvient de ces Parisiennes, qui étaient chargées de faire plaisir aux SS-Nazis, avant de se faire raser le crâne devant Paris libéré. Le recyclage de ces gens sera difficile dans une Kabylie libre, indépendante,laïque, juste, respectant les droits de l’homme et toutes les religions du monde.

Qu’ont-ils de commun ces algerianistes et ces Algériens arabobaathistes ou araboislamistes ?

Ils ont d’abord tous la même haine du Kabyle. Ils se tolèrent entre eux dans le même pouvoir, car ils se partagent les richesses des Hydrocarbures. Les uns vocifèrent contre la France avec pour seul argument la légitimité historique du combat contre le colonialisme français. Les autres crient sur leurs ondes et sur leurs journaux leur racisme contre le monde occidental et les autres religions. Ils se considèrent les maîtres de Tamazghra. Contrairement à la presse française qui les tamponne de nationalistes algériens, ils activent en fait en nationalistes arabes. Ils parlent ensemble du Maghreb arabe pour compléter à l’ouest la « oumma arabe ». Ils pourraient même s’en passer des frontières pour créer la oumma islamique. Les algerianistes et les Algériens  acceptent les Kabyles, sauf s’ils sont dociles. Ils refusent par contre  tous les peuples berbères sommés de s’arabiser, parce qu’ils ont embrassé la religion musulmane et n’ont pas par malheur en 2015 leur propre État comme tous les peuples du monde. On demandera jamais aux Turcs, aux Iraniens ou aux Indonésiens de s’arabiser et d’oublier leur propre culture. Un berbère musulman ne leur suffit pas. Les algerianistes s’accommodent de cette pression en se retournant contre les peuples amazighs d’Algérie et parfois même contre leur propre famille. Les Algerianistes et les Algériens sont les Pieds-Noirs arabes à l’instar des Pieds-Noirs de l’Algérie française. Preuve en est faite, par le projet des amendements de la nouvelle constitution, présentée par le Bachaga Ahmed ouyehia. La langue arabe est hiérarchiquement supérieure à la langue amazighe.

Il est effectivement stipulé dans l’ARTICLE 2 : « L’Islam est la religion de l’État et dans l’ARTICLE 3 : « L’Arabe est la langue nationale et officielle » et « L’Arabe demeure la langue officielle de l’État ».

l’ARTICLE 3 bis a le contenu suivant:

« Tamazight est également langue nationale et officielle.

L’État œuvre à sa promotion et à son développement dans toutes ses variétés linguistiques en usage sur le territoire national. Il est créé une académie algérienne de la langue Amazighe, placée auprès du président de la République.

L’Académie qui s’appuie sur les travaux des experts est chargée de réunir les conditions de promotion de Tamazight en vue de concrétiser, à terme, son statut de langue officielle. Les modalités d’application de cet article sont fixées par une loi organique ».

Le bachaga, asservi à ses maîtres algériens araboislamistes et au Calife d’El Mouradia, sert un dessert empoisonné aux algerianistes. Par cette phrase complémentaire de l’Article 3 (« L’Arabe demeure la langue officielle de l’État »), que leurs jettent les Algériens panarabistes au pouvoir, obéissant aux ordres de leurs seigneurs du Moyen-Orient, ne doivent-ils pas verser des larmes abondantes pour dessécher les lits des assifs ou alors éclater de colère ? Mais tradition oblige, ils préféreront sûrement aller casser du Kabyle, leur ennemi de toujours. En Algérie , il y a finalement deux peuples: les Berbères, dont font partie les Kabyles et les Anti-Berbères , c.a.d. tout le reste de l’Algérie ( les algérianistes et les Algériens.

Une fois encore, les visionnaires kabyles ont vu clair. Les Pieds-Noirs arabes, ces nouveaux colonialistes, enfants non du Maréchal Randon ou de Bugeaud, mais de Oqba Ibn Nafaa, vont tirer leurs flèches venimeuses sur les Kabyles.

Dans un monde épris d’un « capitalisme de sauterelles » (Heuschrecken-Kapitalismus- déclaration d’un politicien allemand) Il est plus facile de se défendre d’être chrétien, musulman, juif ou bouddhiste, que de se défendre pacifiquement et légitimement d’être kabyle.

 Hsen Ammour pour Tamurt