A la veille du 20 avril – La vice-présidente du congrès mondial amazigh anime une conférence à Aokas

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Pour célébrer le 33e anniversaire du printemps berbère, Kamira Nait Sid, vice-présidente du congrès mondial amazigh a animé, dans la matinée du samedi, une conférence au centre culturel d’Aokas.

Devant un parterre, constitué majoritairement de militants du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), l’oratrice reviendra sur « les dures conditions de vie et des difficultés rencontrées par les amazighs à travers Tamazgha qui s’étend, dira-t-elle, de l’Afrique jusqu’aux îles canaries ». Elle parlera d’eux en décortiquant pays par pays car, rappellera-t-elle, « les colons ont, hélas, instauré des frontières entre les berbères que d’ailleurs le congrès mondial amazigh ne reconnaît pas », tiendra-t-elle à souligner.

Elle entamera son discours par les îles canaries où « les habitants sont conscients d’être amazighs et revendiquent leur autonomie car ne se reconnaissant pas comme des espagnols ».

« Chez nos voisins du Maroc, il y a un mouvement de la société civile très avancé du fait que les amazighs de ce pays ont dissocié l’identitaire du politique. Ces derniers ont opté pour le combat identitaire et ont réussi à faire des avancées concrètes dans le domaine mais hélas l’application de Tamazight sur le terrain tarde ». En rappelant le cas de la région du Rif, la conférencière dira que celle-ci est « la région la plus avancée du moment qu’entre 1826 et 1829, elle était totalement indépendante avant que les colons français ne viennent tout remettre en cause. Aujourd’hui le projet d’autonomie du Rif n’est pas un complexe comme c’est le cas en Algérie ».

« Malgré qu’en Algérie, le combat avait commencé en 1949 avant de se poursuivre jusqu’au jour d’aujourd’hui, le printemps berbère qui est à l’origine de la conférence d’aujourd’hui, dira-t-elle, en est la meilleure preuve mais le départ des colons français a laissé la place aux colons arabo-baathistes qui continuent à nous imposer leur diktat islamo-arabo-baathiste. Même si ces derniers ont voulu berner les amazighs avec la constitutionnalisation de leur langue, ceci est considéré comme une poudre aux yeux du moment que celle-ci est d’office langue nationale mais qu’elle ait, plutôt, perdu de ses moyens de développement depuis son institutionnalisation. D’ailleurs, l’enseignement de Tamazight a commencé dans les écoles de seize wilayas du pays et aujourd’hui, seules celles des quatre wilayas de la Kabylie continuent à l’enseigner. Outre ce mépris, les pouvoirs publics remplacent les usines de la région y compris les petites fabriques par des campements militaires en plus des menaces et intimidations qui font qu’aujourd’hui les kabyles n’arrivent même pas à organiser une marche à Tizi-Ouzou ou à Bougie alors qu’ils le faisaient à Alger, il y a quelques temps de cela ».

En passant à l’autre pays voisin, la Tunisie en l’occurrence, l’oratrice rappellera les conditions difficiles dans lesquelles vivaient les amazigh de ce pays avant la fuite de Benali qui a vu le mouvement associatif s’organiser et revendiquer leur identité.

Un peu plus au sud-est, ce sont les libyens qui, suite à la chute d’El Kadhafi, « se sont soulevé, après avoir contribué grandement à cet événement, pour lancer leur propre télévision et rejeter toute constitution et tout gouvernement qui ne reconnaissent pas Tamazight et les amazighs en Libye ».

« En Égypte, les habitants de Siouah, soulignera l’oratrice, ont les mêmes traditions que les autres berbères et ils s’y revendiquent ».

Concernant les Touaregs, elle dira qu’ils sont « victimes de leur sol qui est très riche et convoité par les dirigeants des pays dans lesquels ils vivent ». Elle aura une pensée aux « amis » d’Azawad qui combattent pour leur indépendance.

Elle n’achèvera pas sa conférence sans louer l’œuvre de Ferhat Mehenni « le siècle identitaire » qui est très explicite et un héritage aux habitants de Tamazgha.

Amaynut