À l’issue d’une conférence de presse : Ahmed Ouyahia violemment sommé par une journaliste kabylophobe de ne pas répondre en Kabyle

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ALGÉRIE (Tamurt) – Incroyable mais vrai. Cela s’est passé, hier, à l’occasion d’une conférence de presse animée par le premier ministre algérien retransmise par l’ENTV après la fin des travaux de la tripartite (gouvernement, UGTA et patronat).

C’est une journaliste de la chaîne 2 de la radio nationale qui a ouvert le bal en posant sa question en kabyle. Normal que cette journaliste pose sa question en kabyle dès lors que l’audimat de la chaîne 2 est kabyle sinon comprend le kabyle et, au même temps, le conférencier (Ahmed Ouyahia) qui, non seulement appartient au groupe ethnique kabyle, maîtrise à la perfection sa langue maternelle.

C’est donc en parfait conférencier que le premier ministre algérien a répondu en kabyle. Cependant, à peine sa réponse terminée, une voix de femme en colère se fait entendre. Elle apostrophe Ahmed Ouyahia avec une violence verbale inouïe. Elle lui demande de parler en « langue nationale » pour que toute l’assistance puisse comprendre sa réponse. La caméra de la télévision n’a pas jugé « utile » de montrer le visage de cette femme kabylophobe.

Le côté révoltant et inénarrable de cette scène, c’est que personne n’a osé crié au scandale. Même le conférencier, tout puissant personnage qu’il est, n’a pas jugé utile de rappeler à cette journaliste de la « 25ème heure » que Tamazight est langue nationale et que, par conséquent, toutes les Algériennes et tous les Algériens sont tenus, ou, à défaut, censés l’apprendre.
Hélas ! Ahmed Ouyahia s’est plié à la volonté de cette femme qui ne fait pas honneur à son pays. A croire qu’il était si amoureux d’elle au point de prendre ses propos venimeux pour mielleux.

En effet, il a traduit en arabe la réponse qu’il a apportée initialement à la journaliste de la chaîne 2. Celle-ci n’a pas jugé non plus de rappeler à sa consœur virago les règles essentielles régissant le journalisme. Le plus hilarant viendra par la suite. En effet, la plus part des questions ont été posées au conférencier en français. Idem concernant les réponses. C’est à partir de là que la preuve de la kabylophobie de la journaliste nous est donnée. A propos de la langue française, la journaliste de la « 25ème heure », ne l’a pas considérée comme une langue étrangère. Et pourtant, en dépit de sa richesse et de sa précision, le français n’est pas du tout la langue nationale des Algériens, encore moins la langue officielle.

La question fondamentale se posant aujourd’hui est de savoir jusqu’à quand le peuple kabyle cessera d’encaisser les coups d’humiliation ?

Il y a quatre ans de cela, c’est l’ambassadeur de la Palestine en poste à Alger qui a eu le toupet de donner un ordre au directeur de l’éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou de veiller à ce qu’une jeune immigrée palestinienne cesse de prendre des cours de tamazight. Cette jeune palestinienne en question est née en Kabylie et parle couramment le kabyle. Ce représentant de la diplomatie palestinienne en Algérie a poussé l’outrecuidance jusqu’à qualifier l’alphabet amazigh de moins que rien. La décence journalistique nous interdit de reprendre le terme insultant qu’il a utilisé pour désigner la langue tamazight.

Aujourd’hui, c’est une algérienne qui se permet d’agresser un premier ministre de la république pour avoir répondu en kabyle à une question qui lui a été posée dans la même langue. Voilà l’essentiel de la conférence animée par Ahmed Ouyahia à l’occasion des travaux de la tripartite organisée à Alger. Évidemment, le conférencier a défendu les résultats de ces travaux où, en réalité, les salariés ont été les dindons de la farce. Faut-il s’en étonner ? Assurément non quand on sait Madjid Sidi-Saïd, premier responsable de l’UGTA (union générale des travailleurs algériens) est rétribué par l’Etat algérien selon la fourchette appliquée aux cadres de la nation. Tout le monde sait qu’on ne se dresse pas contre son employeur surtout quand celui-ci se montre « généreux ». Autrement dit, le mérite des salariés peut être reconnu par quiconque excepté par l’UGTA, la petite agence gouvernementale.