A peine née, l’UR Kabylie fait déjà peur au pouvoir algérien

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KABYLIE (Tamurt) – La répression de la marche, à laquelle a appelé l’Union pour la République Kabyle (URK) pour ce samedi 10 mars 2018 dans la ville de Tizi Ouzou, démontre à quel point les Kabyles et même les Algériens en général sont gouvernés par les mêmes méthodes ayant prévalu lors du printemps berbère de 1980.

Rien n’a changé effectivement dans le fond. On réprime toujours, on empêche encore les citoyens d’exprimer leurs opinions quand bien même la méthode choisie est pacifique et n’a aucun rapport avec des actions violentes. Le fait que des militants et des sympathisants de l’URK aient été empêché de se rendre au chef-lieu de wilaya de Tizi Ouzou pour prendre part à la marche, est une méthode que l’on croyait révolue car elle porte d’abord et avant tout atteinte à la liberté de circuler dont devrait jouir n’importe quel citoyen.

Le pouvoir algérien assume donc pleinement ses choix qui demeurent identiques à tous points de vue à ceux en œuvre depuis l’indépendance détournée et confisquée, en 1962. L’URK, un  jeune mouvement politique et pacifique, né à peine, fait ainsi peur à un pouvoir qui ne cesse de se targuer d’une puissance qui ne se traduit réellement pas sur le terrain. Puisque le recours à la répression, comme à la violence de manière plus générale, est la meilleure preuve de la faiblesse.

Pourtant, toutes les expériences précédentes en Algérie ont montré qu’à chaque fois que l’on empêche des idées de s’exprimer, cette interdiction ne fait qu’attiser la volonté de ceux qui la portent de se battre encore plus farouchement pour l’atteindre. Cette vérité, le pouvoir algérien feint de pas la voir en face. Le pouvoir algérien croit-il qu’en réprimant la marche de ce samedi 10 mars 2018 à Tizi Ouzou, il réussira à changer les convictions intérieures et profondément ancrées de ceux qui comptaient y prendre part ? Si c’est vraiment le cas, on peut conclure que ce même pouvoir n’a donc tiré aucune leçon de l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri, un certain 10 mars également, mais en 1980, cette fois-ci.

Tarik Haddouche