Académie amazighe : grande déception en Kabylie

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Salem Chaker
Salem Chaker

KABYLIE (TAMURT) – La déception a été totale, hier, après l’annonce de la composante de l’académie algérienne de la langue tamazight aussi bien à Bgayet, qu’à Bouira et Tizi Ouzou. Certains observateurs sont même choqués de constater que des noms illustres et célèbres de personnalités ayant écrit les plus belles pages de la production littéraire et scientifique de la langue tamazight ne figurent pas sur ladite liste.

L’heure est donc à la désillusion absolue. Certes, les défenseurs de la langue tamazight ne s’attendaient guère à ce que le pouvoir algérien leur offre sur un plateau d’argent une académie de langue tamazight digne de ce nom mais de là à lui offrir un cadeau empoisonné, beaucoup en sont, en revanche surpris suite à cette « audace ». Les observateurs, qui suivent de près l’évolution du processus de réhabilitation de l’amazighité, se demandent quelle crédibilité pourrait avoir une académie de langue tamazight où ne siègent pas des sommités en la matière de la trempe de Kamel Bouamara (auteur du seul dictionnaire de tamazight (et non pas d’un lexique) existant pour l’instant), Amar Mezdad, Kamel Nait Zerrad, Salem Chaker, Aomar Oulamara, Allawa Rabhi, Mohand-Akli Salhi, Brahim Tazaghart, Salem Zénia Ahmed Nekkar, etc.

On s’intgerrogera aussi, avec persistance, sur le mystère qui entoure la présence de Abderrezak Dourari dans les rangs de cette académie compte tenue de son parcours, connu de tous, durant les années quatre-vingt et les années quatre vingt, voire même durant les années 2000. Il y a, certes et incontestablement, quelques membres de cette institution qui possèdent le profil requis pour ce genre de mission. Mais quand il n’y a pas de place aussi bien pour les grandes figures de la production littéraire et scientifique en tamazight, dans cette institution, que pour le chercheurs dotés d’une âme avérée de militant sincère de la cause identitaire amazighe, il devient clair qu’il faudrait désormais s’attendre, non pas au pire de la part de cette académie, mais plutôt à rien de sérieux.

Surtout quand on sait que le désormais président de cette académie de langue tamazight a réalisé sa thèse de magister sur les poèmes d’Ait Menguellet, certes dans le département de langue et culture amazighe, mais en langue arabe.

Tarik Haddouche