Accusée d’être proche du MAK : L’association Tiwinine de Bouzeguene n’obtient pas d’agrément

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BOUZEGUENE (Tamurt) – « Toutes les associations et hommes de culture qui ne jouent pas le jeu et qui n’affichent pas leurs soumissions sont considérés comme des renégats » ou des intrus ou des éléments étrangers à la cellule pour reprendre la rhétorique de l’ancien parti unique, dénoncent les membres de lassociation culturelle Tiiwinine de Bouzeguène.

Les libertés se rétrécissent de plus en plus en Algérie. Et aucun secteur ne semble échapper à cette purge d’un nouveau genre. Tout ce qui ne provient pas de lui semble faire peur au pouvoir algérien. Ce dernier après avoir mis hors-connexion la majorité des journaux électroniques dont les lignes éditoriales le dérange (à l’instar de Tamurt.info, entre autres), braque son arme, cette fois-ci, sur de modestes associations culturelles. Alors que ces derniers mois, le pouvoir, par l’intermédiaire de ses représentants locaux, dociles et zélés à outrance, a interdit pratiquement une grande partie des conférences, avec  des écrivains, qu’initiait l’association culturelle Tiiwinine de Bouzeguène, voilà qu’on passe à une autre étape plus radicale. Il s’agit du refus de l’administration locale d’accorder l’agrément de renouvellement de bureau pour ladite association. Les raisons sont évidentes. On reproche à certains responsables de l’association d’être proches du mouvement et des idées indépendantistes de la Kabylie. En plus,  les écrivains, qu’a l’habitude d’inviter l’association pour animer son café littéraire, sont des esprits libres et loin d’être des lèches-botte et des opportunistes à la solde du pouvoir. Pour dénoncer ce refus de renouveler l’agrément de l’association, les responsables de cette dernière ont rendu public un communiqué dans lequel ils soulignent : « Nous tenons à informer nos amis, le public, que la daïra de Bouzeguene n’a pas daigné répondre au renouvellement de l’agrément de l’association culturelle Tiiwinin. La loi est claire et nette et stipule que : pour renouveler l’agrément, il faut déposer le dossier 3 à 6 mois avant l’expiration de l’agrément ». Les responsables de l’association tiiwinine précisent que leur agrément a expiré le 29 septembre 2017 mais « nous avons déposé le dossier de renouvellement de l’agrément le 21 juin 2017 avec tous les documents demandés ». « A ce jour, nous n’avons pas encore reçu le renouvellement de l’agrément, ni une réponse négative de leur part. C’est un silence pesant, lourd de sens. Nous sommes dans l’expectative et des interrogations.

C’est un secret de polichinelle, l’association culturelle Tiɛwinin et le café littéraire de Bouzeguene dérangent beaucoup de monde. Ils veulent l’annihiler et tuer la culture à Bouzeguene. Ils ont annulé des conférences et ont essayé de réduire à silence la culture et museler la parole, réduction les subventions mais le café littéraire de Bouzeguene existe toujours et existera malgré les aléas, les concomitances et les annulations », ajoute-t-on. Les responsables de la même association expliquent en outre : « Nous sommes confrontés à une menace récurrente, diffuse et effective. Toutes les associations et hommes de culture qui ne jouent pas le jeu et qui n’affichent pas leurs soumissions sont considérés comme des « renégats » ou des intrus ou « des éléments étrangers à la cellule » pour reprendre la rhétorique de l’ancien parti unique ». En outre, les concernés soulignent : « Le droit de se réunir ou de créer une association est bafoué, c’est un déni culturel. C’est avec autoritarisme et avec mépris qu’ils accueillent la culture et le mouvement associatif. Mais nous tenons aussi à rassurer les amis de l’association culturelle Tiiwinin et les férus de la littérature que le café littéraire de Bouzeguene continuera à exister et à animer les rencontres littéraires ».

Tahar Khellaf