Actualités – Marches du MAK, l’avenir devant

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Même si la participation était moindre par rapport à celle de 2009, néanmoins l’enthousiasme demeure intact. Des milliers de femmes et d’hommes ont bravé les interdictions et les intimidations du pouvoir algériens par le biais de ses services de sécurité, pour répondre à l’appel du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie. Dés le matin de ce 12 janvier, les artères des trois villes Kabyles, sont noires de monde.

Dans une Kabylie minée par le chômage, l’insécurité et la misère dans laquelle le pouvoir central d’Alger s’ingénue à la maintenir, cette action populaire est un bras d’honneur dans la face de la dictature du président A. Bouteflika. A l’opposé des autres formations politiques agréées par un pouvoir illégitime et disposant de structures huilées depuis longtemps, le MAK par la seule force des convictions de ses militants a accompli le miracle de la mobilisation.

Après une promotion médiatique frisant la symbolique, tous les observateurs politiques s’attendaient à voir cette démonstration de force devenir un fiasco. Le verrouillage quasi-total du champ médiatique algérien et son boycott de l’appel du MAK tendaient à passer sous silence cet événement. Les arrestations et les intimidations physiques des militants visaient à saborder le travail de sensibilisation. Ni la liberté d’expression ni le droit à jouir des droits politiques, desquels les militants du MAK ne sont pas déchus juridiquement, n’ont été respectés lors de cette campagne de dénigrement. Une certaine presse était aux aguets au moment du bouclage ce jour du 12 janvier dans l’espoir qu’un échec viendrait donnait le coup de grâce à la revendication autonomiste. Le scénario consiste à passer sous silence, puis en charognards aux dents aiguisées venir déchiqueter le corps de la victime.

Ainsi pour le journal Liberté le mandat d’amener lancer par la justice algérienne contre Mas Ferhat Mehenni est fantaisiste. Selon ce journal et des sources proches du dossier, sans doute leurs amis du DRS, il n’y a pas de mandat, et les déboires judiciaires de Ferhat se limitent au territoire de la ville Tuβiret.
Depuis quand la compétence territoriale d’un tribunal, d’un commissariat ou d’une gendarmerie se limite t-elle à une ville ou à une circonscription. Sauf si la ville de Tuβiret a eu son autonomie sans qu’on le sache.

Les journalistes de Liberté ont tout a fait le droit de critiquer le projet autonomiste, ça relève de la liberté d’expression. S’attaquer à la personne de Ferhat n’At Sɛid en tant que personnalité publique c’est leur droit absolu. Traiter l’homme à la dizaine de condamnations pour délit d’opinion, dont celui du droit à l’expression au nom duquel vos dérapages sont permis, de menteur c’est de l’insulte. Auriez-vous vous le courage de le dire en face ? Nous vous dénonçons de plein droit. Cette main qui vous permet de porter la cuillère pleine vers votre bouche est la même qui guide vos écrits. Vous écrivez à deux mains la votre et celle de votre cher colonel du renseignement. Monsieur Meziane Ourad a eu raison de jeter l’éponge, mais non sans vider son sac, pour la plupart vous êtes dans votre majorité des agents.

Au grand désespoir de ses détracteurs, les aspirations démocratiques du peuple kabyle ont eu raison du cynisme ambiant. Les banderoles et les différents écriteaux brandis reflètent l’état d’esprit des troupes. Elles donnent un instantané des revendications du moment, avec un point d’honneur à la revendication de la liberté et l’égalité des cultes. La profonde indignation suscitée par l’incendie de l’église évangéliste Tafat de Tizi-Ouzou par les hordes intégristes, a trouvé un grand écho parmi les marcheurs.

Nous sommes sans nouvelles de neuf militants après leur participation aux marches. Si nous demeurons inquiets quant à leur sort, nous prévenons que jamais les printemps ne seront noirs en Kabylie. Depuis nous avons acquis l’expérience nécessaire pour traquer les futurs criminels de l’humanité…