Affaire du kidnapping du jeune Ali Laceuk – La famille de la victime souhaite que la justice réentende le principal suspect

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Le jeune Ali Laceuk, originaire du village Thala-Khellil, commune de Ath-Douala, kidnappé, rappelons-le, le 22 février dernier n’a toujours pas donné signe de vie. Sa famille et ses proches commencent sérieusement à paniquer. Une panique à laquelle se mêlent des sentiments de colère. Ces deux sentiments ont été fortement exprimés aujourd’hui à l’occasion d’une conférence de presse animée au siège de la Maison du Citoyen de Tizi-Ouzou par le frère aîné de la victime, Mohamed-Amokrane dit « Farid », Rabah Lakbal, président du comité de village de Thala-Khellil et Mohamed Daïd, connu comme cadre du RCD et membre du comité du village cité.
A ce face à face avec la presse, les conférenciers ont commencé par faire lecture d’une déclaration liminaire à travers laquelle ils soulignent que « l’enlèvement du jeune Ali Laceuk vient rappeler à nouveau dans quel climat d’insécurité vit, depuis plusieurs années, la population de la daïra de Béni-Douala ». Le document rappelle que « ce jeune homme dont la famille est sans nouvelles depuis le 22/02/2013 est la septième personne à avoir été enlevée dans cette partie de la wilaya ».
Les signataires de la déclaration ajoutent que « la daïra d’Ath-Douala est en réalité en proie depuis toujours aux exactions de toute sorte de comportements délinquants dont certains ont été jusqu’aux assassinats de personnes ».
Tout en mentionnant que les pouvoirs publics ont été « maintes fois interpellés par la population sur cette situation délétère qui prévaut dans la daïra », le document signé par la coordination des comités de villages de la daïra d’Ath-Douala mentionne les maux dont souffre la population, entre autres, la prolifération de débits de boissons (alcoolisées ndlr) clandestins, agressions multiples, vols, vente de drogues, crimes et enlèvements… Avant de conclure que « ce climat d’insécurité fait craindre le pire » et que « jusque là, la population s’est mobilisée pacifiquement pour interpeller les pouvoirs publics », les signataires du document notent d’abord que « la terreur qui a gagné les citoyens de la localité doit urgemment trouver un apaisement (…) ». Et tout en rappelant que l’une des missions de l’Etat est de garantir la sécurité et des biens, le document donne lecture de ce constat : « Force est de constater que nous ne sommes pas dans ce cas de figure dans notre daïra comme, au demeurant, dans le reste de la wilaya ».

Après lecture de cette déclaration, le frère de la victime fait lecture d’un autre document de 4 pages intitulé : « Détails sur l’enlèvement de notre frère ». Il y est fait référence au principal suspect dans cette affaire du kidnapping et la genèse de l’affaire telle que vue et analysée par la famille de la victime. Le nom du suspect est mentionné dans le document et prononcé par les conférenciers. Il s’agit du nommé Mourad B., originaire de Laâzib (Naciria), wilaya de Boumerdès. Plus encore : Mohamed-Amokrane dit « Farid » a déclaré à l’issue de cette conférence que l’auteur de l’enlèvement de son jeune frère ne peut être que Mourad B. Le document de 4 pages qu’il a lu devant les journalistes et à qui une copie a été remise porte également les mêmes accusations.

Toujours face à la presse, les conférenciers ont déploré que « le procureur général de la cour de Tizi-Ouzou ait décidé de relâcher le suspect au bout seulement d’une audition par la police d’Ath—Douala ». « Avec tous les éléments d’information que nous avons mis entre les mains des pouvoirs publics, affirme le frère de la victime, nous trouvons anormal que le suspect qui, pour nous, est coupable, ne soit pas à nouveau interpellé par la justice pour le forcer à avouer ce qu’il sait sur ce kidnapping et quel rôle il a joué exactement ».

A la question de savoir pourquoi dès lors « le coupable est connu de la famille » une plainte en bonne et due forme n’est déposée contre lui, le frère de la victime a répondu qu’une plainte a été justement déposée contre lui en date du 2 mars 2013. Par ailleurs, suite au « mitraillage » questionnaire des journalistes, Mohamed-Amokrane dit « Farid » a répondu que l’handicap de son jeune frère est uniquement de type « physique », il ne pouvait pas tenter l’aventure à l’étranger comme « harraga » car « le jour de sa disparition, il n’a avait d’argent sur lui et qu’il avait laissé tous ses papiers d’identité à la maison ». A la question de savoir pourquoi jusque-là, aucune demande de rançon n’a été réclamée à la famille, le conférencier l’a justifiée par « l’amateurisme du coupable » et l’ « ébruitement de l’affaire sans retard ». Notons également que le frère de la victime a décrit « le coupable » comme quelqu’un « non seulement de pas du tout intelligent » mais aussi quelqu’un qui jouit d’une « très mauvaise réputation ». Mohamed-Amokrane dit « Farid » a même annoncé le quolibet pas très flatteur par lequel est désigné dans son village « l’auteur du kidnapping » de son frère.

Saïd Tissegouine