Affaire du musée : Malika Matoub menace

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Un vernissage à Paris pour financer le projet "musée Matoub Lounès"

KABYLIE (Tamurt) – Malika Matoub présidente de la fondation éponyme vient de signer une nouvelle sortie médiatique dans le sillage de l’annonce, en grandes pompes, du financement d’un musée dédié au rebelle par Abdelaziz Bouteflika. Cette fois-ci, Malika Matoub a choisi de se protéger derrière deux comités de villages et deux associations, en mouillant ces dernières, ou du moins, leurs responsables.

Afin de se donner plus de « force et de légitimité », puisqu’elle n’en a plus et elle le sait, Malika Matoub a ajouté à la fondation qu’elle préside depuis vingt ans une liste de quatre autres associations et comités de villages. Il s’agit du comité de village de Taourirt Moussa, le comité de village de Tizi Ntlakht, l’association des parents d’élèves de l’école primaire de Tawrirt Moussa et l’association culturelle Tagrawla. Ces derniers se sont réunis vendredi dernier au village Taourirt Moussa. La rencontre a été sanctionnée par un communiqué où les concernés soulignent : « Nous avons à l’unanimité décidé d’accompagner l’édification du musée durant les étapes de réalisation, de la première pierre jusqu’à son inauguration finale, ainsi que toute les mesures d’accompagnement ». Et d’ajouter : « Avec notre soutien indéfectible à l’enfant prodige de Kabylie, né dans notre village, nous affichons notre adhésion et notre dévouement à préserver sa mémoire et son patrimoine ».

Il y a lieu de souligner que cette réunion a abouti à la mise en place d’une « commission de concertation et de suivi », composée des associations suscitées et de la fondation Matoub. Mais le point le plus étonnant de cette sortie médiatique voulant réduire Matoub Lounès à un simple symbole de village, c’est le passage de la déclaration où il s’agit clairement de menaces : « Aussi, nous mettons en garde toute tentative d’intox ou de désinformation, quels que soient ses auteurs, individus ou organisations malveillantes, visant à installer le doute sur ce noble projet tant attendu ». Donc, il faut vendre la mémoire de Matoub au pouvoir algérien et en plus, faire taire toutes les voix qui ne sont pas d’accord avec cette trahison : message saisi à 100 %.

Notons, en outre, que les deux comités de village, les deux associations de village et la fondation ont estimé que la décision de Abdelaziz Bouteflika de réaliser un musée Lounès Matoub dans son village natal Taourirt Moussa, 20 ans après son assassinat, « est salutaire ». Les concernés ajoutent en outre qu’un musée « au nom de Matoub Lounès, garant des valeurs morales et ancestrales, est une reconnaissance de son combat ; à travers son triptyque identitaire, culturel et linguistique, qui n’est autre que la voix du peuple avec son esprit sincère et authentique ».

Tarik Haddouche