Affaire Touati: Qui pour arrêter l’infamie d’Ennahar?

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Le groupe Ennahar, Télévision et Journal, met au centre d’un grand scandale imaginaire, le jeune Blogueur Merzouk Touati, l’accusant tout bêtement d’être un espion du Mossad. Dans un ramassis de calomnies, comme sait le faire ce média nauséabond, il fait rattacher le jeune universitaire de 25 ans, à un vaste réseau d’espionnage dont le but n’est autre que la déstabilisation du pays.

Il est notamment accusé d’entretenir des relations avec des agents Israéliens, des marocains et d’avoir admis sa culpabilité durant l’interrogatoire. Le tissu de mensonge ne s’arrête pas là, puisqu’il aurait, sur Facebook, sous un nom d’emprunt, embrigadé des femmes en faveur toujours de l’épouvantail du Mossad. Et pour couronner le tout, il serait en relation avec le Mak, Ferhat Mehenni, le mouvement indépendantiste des M’zab, le docteur Fekhar : Bref, c’est Vito Corleone, le parrain à tout juste 25 ans! Pèle mêle, une info chevauchant une autre, l’aggravant parfois, la contredisant souvent, le sac à fumier d’Ennahar puait de loin le mensonge. Imputer autant de machiavélisme à ce jeune Béjaoui, prouve tout simplement qu’il n’y a rien de vrai dans tout cela. Et supposant que Touati ait été coupable d’un quelconque crime, ne serait-il pas du ressort des autorités judiciaires de communiquer les résultats de l’enquête que semble connaître Ennahar dans ses moindres détails.

Anis Rahmani; Un caméléon vénéneux aux scoops foireux et ciblés
Pour plaire à ses maîtres, Monsieur Mokadem alias Anis Rahmani, n’a jamais hésité à aller dans le sens des thèses fomentés par le pouvoir, à chaque fois que cela lui a été demandé (et souvent par pur réflexe pavlovien). Après avoir misé en 2004, sur le mauvais cheval Benflis, et s’être attaquer avec véhémence à Bouteflika, le voici qui utilise la même énergie pour le défendre et le soutenir. « Mon But c’est la stabilité du Pays » déclarait-il dans un entretien accordé à TSA en mars 2016!  Après l’annonce de Bouteflika de se présenter aux élections d’avril 2009, il n’a pas hésité à vouloir salir la réputation d’un monument du nationalisme, le défunt Ait Ahmed en l’associant à des juifs marocains et au MAK (déjà ennemis préférés d’Ennahar) titrant sournoisement à l’époque sa une « Juifs marocain, Aït Ahmed et l’élection présidentielle ». La source d’Ennahar a révélé « qu’un juif d’origine européenne, agissant sur instruction du Mossad, a contacté (…) le chef du FFS, Hocine Aït Ahmed pour lui faire pression afin qu’il se présente à l’élection présidentielle. Ces juifs ont aussi offert de l’argent au responsable du MAK, Ferhat Mehenni…» écrivait honteusement le journal.

En Mai 2013, Il récidive et n’hésite pas à fabriqué cette fois un még-monsonge à l’encontre de plusieurs opposants et journaux nationaux, rapportant ni plus ni moins un coup d’état imminent à l’encontre de son dompteur Bouteflika. « Ceux-ci veulent organiser un putsch contre Bouteflika » titrait le journal. Dans sa ligne de mire, tous ceux qui ont osé dénoncer le pouvoir et ses agissements mafieux. La chaîne de télé d’El Magharibia, El Watan, Jaridati de Hicham Aboud, Benbitour, Sofiane jilali, Benbaïbech, et Moussa Touati faisaient partie « des heureux élus ». D’autres personnalité ont goûté aux scoops foireux « Nahariens » comme Issad Rabrab, qui lui, a été qualifié de « Riche de guerre, ayant bâti sa fortune sur le malheur des algériens durant la décennie noir ». Rien que ça!

Qui est derrière le Groupe Ennahar et Anis Rahmani :
Le groupe du « prête nom » Anis Rahmani, Mohammed Mokadem de son vrai nom, nous a habitué depuis toujours à des scoops, qualifié par Hicham Aboud, directeur du journal électronique Monjournaldz.com de «prostitution médiatique». Deux versions circulent sur ceux qui se cachent derrière le président directeur générale d’Ennahar. La première version est celle soutenu par Hicham Aboud (en 2013, Voir la vidéo explicative*), l’ancien agent des services secrets, qui selon lui, Anis Rahmani serait un indicateur pour les services secrets, et fils de Mokadem Slimane, un Harki bien connu dans la région d’el Bayadh. « Dans son dossier d’agent où il servait comme indicateur et délateur pour les services secrets, il écrivait de sa propre main qu’il refuse de porter le nom qui lui a été donné par l’homme qui a épousé sa mère pour couvrir son adultère » déclarait Hichem Aboud, avant d’ajouter qu’Anis Rahmani « explique son refus de porter le nom de Mokadem par le fait que cet homme qui s’appelle Mokadem Slimane est un harki qui a échappé au lynchage à El-Bayadh grâce à sa mère ». L’autre version des faits est donnée par EL Watan, dans un papier virulent paru en date du dans son édition du 11 septembre 2011 titré « Le sale boulot d’Ennahar » où il réfutait l’accusation lancée par ce média arabophone à son encontre, selon laquelle El Watan aurait « ouvert la porte de l’Algérie », à Bernard Henry Levy pour venir débattre du printemps arabe. Selon le journal Cher à Belhouchet, Anis Rahmani serait le fils de Mohamed Meguedem, qui aurait travaillé pour Chadli et  qui serait actuellement «conseiller spécial» à la présidence de la République « …ce journal arabophone dont le propriétaire, Mohamed Meguedem, est connu dans les milieux algérois pour être un manipulateur hors pair ayant porté préjudice aux patriotes sincères et aux cadres honnêtes de ce pays, qu’il a contribué à forcer à la déchéance ou à l’exil. Il a particulièrement sévi durant la décennie 1980, du temps du président Chadli, dont il a été le serviteur servile. Il est aujourd’hui «conseiller spécial» à la présidence de la République». Écrivait le journal à l’époque. Anis Rahmani, qui ne veut admettre aucune des deux versions, écrivait pourtant en réponse à El Watan en Septembre 2011, qu’il était bel et bien le fils de Mohammed Mokadem et non Moggadem, ce qui donne plus de crédit à la version donnée par la suite par Hicham Abboud. « Je suis Anis Rahmani et c’est avec fierté que je vous écris. Dieu merci, ma carte d’identité et mon passeport sont verts. Mon nom à l’état civil est Mohamed Mokadem fils de Slimane. Originaire de la wilaya d’El bayedh et de Hamidi Fatima de Tizi Ouzou. » délarait-il sur les colonne du journal dont-il est le patron fictif.

Pour expliquer son ascension fulgurante, et les moyens colossaux dont il dispose, Mokaddem, dans un entretien accordé en Août 2014 à Jeune Afrique (**), dit qu’il est passé d’un matériel rudimentaire et de moyens dérisoires à un immeuble de 7 étages ultra moderne en seulement deux ans de travail, grâce à sa bonne gestion. (Ça rappel curieusement El Siyassa El Rachida de Fakhamatouhou (sage politique du président)). « Mon épouse et moi avons mobilisé 800 000 dinars (7 500 euros) pour acquérir deux caméras, une petite régie et confectionner un studio de fortune dédié aux plateaux pour les émissions de débat politique et pour les JT. » Deux ans plus tard, Ennahar TV dispose d’une tour de sept étages »! révélait-il probablement sans sourciller. Quand on connaît toute les difficultés qu’ont rencontrées les médias algériens depuis leur création, les difficultés à payer leurs employés et à survivre à une publicité étatique plus que sélective; on a du mal à gober ce genre de bobard.

Anis Rahmani se défend pourtant sur les mêmes colonnes du Journal Jeune Afrique d’être engagé « dans une thèse politique ou idéologique. Notre seul engagement est de défendre la stabilité du pays. Notre choix au profit du candidat sortant (c’était avant les élections de 2014) n’a obéi qu’à cette seule considération ». Allah yjib Elli Yamnek ya si Mokaddem. Qui pourrait croire qu’un simple journaliste, avec sa seule femme, parti ou viré d’El Khabar en 2004, puis d’échourouk en 2007, puisse trôner sans aucune aide d’une quelconque autorité sur ce qui ressemble à un empire médiatique en herbe (plutôt en lichen) de plusieurs milliards de centimes.

En 2014 déjà, « Anis était à la tête du groupe Ennahar composé du quotidien éponyme, d’un quotidien sportif, Echibak (« le filet »), et de la chaîne. Quant à Souad, sa femme, elle est directrice des rédactions de tous les supports. Le couple dirigeait en 2014 au total 425 personnes, une équipe installée dans deux tours jumelles de 7 étages dans le quartier huppé de Saïd Hamdine ».

Hebib Khalil. Journaliste