Agouni Gueghrane: bras de fer entre le maire et l’association Ighran

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Portraits Mammeri & Azem
Portraits Mammeri & Azem

KABYLIE (Tamurt) – Les jeunes animateurs de l’association culturelle Iɣran, de la commune d’Agouni Gueghrane, dans la région d’Iwadhyen, appellent les citoyens de la commune et tous les Kabyles à venir massivement pour prendre part au rassemblement pacifique qui aura lieu le vendredi 2 mars 2018, à 14h au chef-lieu de la commune.

Par ce sit-in, la population d’Agouni Gueghrane compte exprimer son indignation
suite à l’interdiction des autorités locales de placer un très beau tableau sur un
édifice public. Il est de notoriété publique que les régents d’Alger et leurs larbins
sont, en raison de leur ignorance, allergiques à l’art, au théâtre et au débat
contradictoire. Cependant, ce qui a outré de plus belle les animateurs de
l’association, est que le tableau en question se veut un hommage à deux
symboles de l’identité kabyle.

Le premier n’est autre que l’enfant prodige du village, le pionnier de la chanson
engagée kabyle, Da Slimane Azem. Par ce tableau, nous citoyens d’Agouni
Gueghrane voulons rapatrier symboliquement l’auteur d’Ayafrux ifellelis, qui
repose toujours en terre étrangère, après avoir été injustement exilé et banni par
le régime du criminel Boumediene, nous dit un sexagénaire de la région.
Le second est Da Lmulud Mammeri, l’auteur du manuel de référence sur la
grammaire de la langue Kabyle.

Au moment ou les tenants de l’arabisme et de l’obscurantisme et quelques opportunistes kabyles, essayent d’imposer la graphie arabe à l’écriture de la langue kabyle afin de l’achever définitivement, à Agouni Gueghrane et dans les quatre coins du pays kabyle, les citoyens tiennent au lègue de Da Lmulud et à la graphie latine. Da Lmulud appartient d’abord et avant tout au peuple kabyle et non régime colonial algérien qui a essayé de le
récupérer l’an dernier, après l’avoir ostracisé des années durant, a voulu préciser
un jeune étudiant d’Agouni Gueghrane. Nous n’oublierons jamais le fameux
article : « les donneurs de leçons » d’un plumitif des services du « respectable »
EL Moudjahid du 20 mars 1980, ni son assassinat à Ain Defla par un « arbre »
téléguidé d'Alger le 26 février 1989, enchaîne-t- il.

Le plus étrange dans cette affaire, est que l’interdiction en question ne vient ni du
préfet (wali), ni du sous-préfet (chef de Daïra), ni des forces de répression
algériennes, ni d’un autre représentant zélé des autorités d’Alger en Kabylie.
L’interdiction, ou plutôt la volte-face puisque un premier ok a été donné par
l’administration, vient du maire. Enfin, il n’est pas inutile de souligner que la commune d’Agouni Gueghrane, n’est plus gérée par un maire RND, mais plutôt par un maire RCD, un futur progressiste.
Aḥlil, comme disait Lwenas Matoub!

Amayas B