Le MAK commémore la journée du 14 Juin

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La Kabyle se souvient du 14 juin 2001
Le MAK commémore la journée du 14 Juin et hisse le drapeau

BOUGIE (Tamurt) – 14 juin 2001 – 14 juin 2014 : 13 ans déjà. C’est comme si c’était hier ou peut-être même tout-à- l’heure vous dirait – et certainement aussi légitimement que naturellement – toute personne qui a participé à cette manifestation éminemment kabyle. Jamais depuis l’histoire des nations contemporaines, trois millions de personnes se sont retrouvées mains dans la main pour manifester pacifiquement jusqu’à ce jour du 14 juin 2001.

Et c’est bien la Kabylie, peuplée depuis des millénaires, qui a mobilisé tant de manifestants. Même Benito Mussolini n’a pas rassemblé autant de monde lors de sa marche de 1923 sur Rome. Mao Tsé-Toung n’a pas non plus réuni autour de lui autant de monde lors de sa marche de 1934-1935. Faut-il encore préciser que ces deux hommes ont mis plusieurs années pour convaincre leurs concitoyens respectifs à les suivre au talon.
En 2001, un simple appel a suffi pour que la Kabylie mobilise trois millions de ses enfants. Nonobstant ce nombre impressionnant de personnes mobilisées pacifiquement, le pouvoir arabo-islamiste d’Alger donner la réponse par la violence. Des malfrats, après avoir consommé des produits psychédéliques, et ce avec la bénédiction de ceux censés représenter l’Etat, ont été armés puis lâcher sur les manifestants. Les pertes de la Kabylie, qui n’a voulu que demander justice, ont été considérables. Plusieurs morts et surtout beaucoup de blessés. Le pire c’est qu’avec ses moyens de communication, le pouvoir, plus sournois que jamais,  a tenté de tromper l’opinion algérienne en désignant les victimes comme des coupables.
Aujourd’hui encore, plusieurs de ces valeureux manifestants kabyles portent les séquelles physiques et psychologiques de cette agression signée, rappelons-le, par le pouvoir arabo-islamiste d’Alger. Ce sont ces crimes considérés comme « des crimes contre l’humanité » qui a motivé la grande famille militante et patriotique du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) à consacrer cette funeste journée du 14 juin 2001 comme « Journée Nationale Kabyle ».
Et c’est Akbou, région très éprouvée, à l’instar de toutes les régions de Kabylie d’ailleurs, qui a abrité en cette journée du 14 juin 2015 la manifestation commémorative de la « Journée Nationale Kabyle ». Au programme commémoratif, un meeting et le lever des couleurs nationales kabyles. Le rendez-vous est fixé par les organisateurs, en l’occurrence les vaillants et infatigables membres de la section MAK d’Akbou, à 17 heures à la place des Martyrs. Juste quelques temps avant le coup d’envoi de la manifestation qui, en sus des cadres dirigeants et militants du MAK, a regroupé plusieurs citoyens, une tendre brise a caressé les visages et rafraichi les lieux.
Au moment venu, Amazigh, le modérateur, prit la parole. Ce responsable commença par rappeler la raison de ce rendez-vous avant de déclarer l’observation d’une minute de silence à la mémoire des martyrs laquelle observation de silence est précédée par le dépôt d’une gerbe de fleurs au pied de la plaque commémorative érigée à la mémoire des six martyrs d’Akbou, tombés sous les balles des gendarmes en ce mois de juin 2001.
Après cette pieuse pensée à nos martyrs, Rahim prit la parole à son tour pour rappeler ces événements tragiques du printemps 2001 où « seules les mères kabyles ont pleuré leurs enfants morts, morts des balles assassines de la gendarmerie, l’un des outils répressifs du pouvoir arabo-islamiste d’Alger, héritier direct et inconditionnel du colonialisme français ».
A Rahim succédera Idir Oulounis. Celui-ci ne sera aucunement prolixe. Cet intervenant dira tout simplement que le processus de « l’autodétermination ou de l’indépendance du peuple kabyle est définitivement enclenché et que la cause kabyle appartient aux Kabyles ! »
Nadir Chelbabi ne sera pas non plus prolixe, ce qui est contraire à ses habitudes. En effet, ce cadre du MAK mettra seulement l’accent sur les attentes de la Kabylie et que la Kabylie est réellement distincte des autres régions d’Algérie.
Après Nadir Chelbabi, ce sera au tour de Farid Djennadi, secrétaire général du MAK de s’adresser à l’assistance, nombreuse et attentionnée. Le N° 2 du MAK sera prolixe. Farid Djennadi abordera tous les segments faisant du peuple kabyle « sa différence naturelle, et depuis des siècles, avec les autres peuples d’Algérie ». Farid Djennadi criera également, comme à ses habitudes, que 40% des effectifs militaires algériens sont stationnés en Kabylie ; « ce qui signifie clairement que la Kabylie est sous l’effet d’occupation coloniale ». L’intervenant avertira aussi qu’à défaut réel sursaut de la Kabylie, « c’est la fin pour nous tous ».
S’agissant enfin de Bouaziz Aït-Chebib, il entamera son discours par le rappel de « l’infamie » commise par le pouvoir algérien contre la Kabylie en 2001 et la dimension véritable de la marche du 14 juin de la même année d’où la consécration par le MAK de cette journée comme « Journée Nationale Kabyle ». Une fois ce virage amorcé, le Président du MAK s’adressera par ricochets aux détracteurs du MAK. Et tout en soulignant lui aussi la différence de la Kabylie des autres pays d’Algérie, il ciblera le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) et le Front des Forces Socialistes (FFS). Bouaziz Aït-Chebib ne dira aucune méchanceté de ces deux partis kabyles. Il les citera tout simplement comme l’exemple édifiant du rejet total des Algériens de tout ce qui est kabyle, dès lors qu’en dépit de leurs projets de société modernes et émancipateurs et leurs propositions pour faire adhérer l’Algérie au concert des nations, ils restent toujours confinés dans en Kabylie. « Ils (RCD et FFS) sont rejetés par les Algériens parce qu’ils sont tout simplement kabyles », s’écriera le premier responsable du MAK avant d’ajouter cette phrase en marquant bien les syllabes : « Il n’y a qu’ici en Kabylie, leur pays que nos frères du RCD et du FFS peuvent jouir d’un espace pour faire la politique et diriger ! » La dernière sortie médiatique du dirigeant du FFS, Nebbou, où il s’est violemment attaqué au MAK aura cette réponse : « Ceux qui croient qu’en insultant le MAK peuvent gagner la reconnaissance et la sympathie des Arabes se trompent ». « Personne ne peut duper le peuple kabyle lequel est plus mature que certains de ses représentants politiques », notera Bouaziz Aït-Chebib qui ajoute : « Le peuple kabyle a dit son mot le 20 avril dernier ! » Le Président du MAK dira également que ce qui manquait le plus au peuple kabyle, c’était son drapeau ; «  et aujourd’hui, il l’a ».
Soucieux d’éviter tout amalgame et motivé également par une certaine vérité historique, l’intervenant mettra l’accent l’ancien drapeau et le nouveau. Concernant les anciennes couleurs, Bouaziz Aït-Chebib reconnaîtra qu’il a symbolisé toutes nations amazighes et « quant les militants du MAK ont eu le courage de le hisser, les autres s’en sont tenus éloignés par peur de représailles ». « Aujourd’hui, poursuit-il, nous avons ce drapeau propre au peuple kabyle et ce drapeau kabyle justement qui a fait et continue de faire paniquer le pouvoir arabo-islamiste d’Alger ! » Le Président du MAK a clôturé son intervention par un appel « à tous les hommes et à toutes les femmes kabyles pour s’unir, car de cette union seule que dépend fondamentalement la victoire de notre peuple sur son adversité ».
De Béjaia : Saïd Tissegouine