Aksil n’At-Dwala versus ammi Salah de Beni-Douala : Deuxième partie : Imache Amar et le boycott scolaire

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Imache Amar

CONTRIBUTION (Tamurt) – À son entrée au lycée, Aksil savait déjà, grâce à son père, que tout ce que racontaient ses enseignants et les journaleux du régime des caporaux de l’armée française étaient des foutaises. Il s’est très vite rendu compte que les ignares qui sont à la tête de l’Algérie coloniale et les quelques Kabyles de service qu’ils sous-traitent, vouent une haine viscérale au peuple kabyle et ont toujours cherché sournoisement à le rayer de la carte.

Aksil, ne comprenait pas pourquoi « son pays » a choisi d’honorer une femme de la lointaine Arabie « El Khenssa » en attribuant son nom à l’un des plus grands lycées de la ville de Tizi-Wezzou et essaye de bannir celui d’Imache Amar, fils d’At-Mesbah et pionnier du mouvement libérateur de l’Afrique du Nord? Pour voir leur lycée baptisé au nom d’Imache Amar, Aksil et ses amis ont à maintes reprises menacé les autorités algériennes de recourir à la grève si leur revendication n’est pas satisfaite.

Lycéen qu’il était, Aksil s’est toujours interrogé sur le fossé abyssal qui sépare son environnement et son quotidien kabyles de l’école algérienne. Pourquoi l’école de Boukharouba, Ben Bouzid et Ben Ghebrit (trop de boue et de ben…) a banni de ses programmes les écrivains Mouloud Feraoun et Fadhma At-Mensour de Tizi-Hibel ainsi que Rachid Aliche de Taguemount Azouz et Mokrane Chemim d’Ighil-Bouzrou? Pourquoi cette école n’a pas accordé une place à la belle poésie de Matoub Lwenas enfant prodige de Tawrirt Moussa et à celle De Zedek Mouloud d’At-Khelfoun, tandis que des poètes d’El Djahilia du désert d’Arabie sont étudiés depuis le primaire? Pourquoi les merveilleux contes de sa grand-mère Tassadit, n’ont pas droit de cité au sein de l’école de « son pays »?

À cette époque-déjà, Aksil se demandait, naïvement, si l’Algérie était vraiment « son pays »?   Durant l’année scolaire 1994-1995, comme tous les écoliers et étudiants de Kabylie, Aksil a boycotté l’école de « son pays » pour avoir le droit comme tout être humain d’étudier et de vivre avec sa langue maternelle. Aksil était certain que cette action inédite allait émouvoir « ses compatriotes » de Constantine, d’Oran et peut-être même « ses frères de Palestine ». Malheureusement, rien, achima, walou, nada, nothing… le sort d’Aksil et les 800 000 écoliers et étudiants de Kabylie, ne semblait pas intéresser plus que ça « ses concitoyens ».  À suivre la troisième et dernière partie de Aksil n’At-Dwala versus ammi Salah de Beni- Douala : Guermah Massinissa, Matoub Lwenas et la République kabyle.

Amayas B