Algérie-APN : Said Bouhadja fait volte-face

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Said Bouhadja
Said Bouhadja

ALGERIE (Tamurt) – La crise au sein de l’Assemblée populaire nationale continue de battre son plein avec un nouvel épisode des plus étonnants voire des plus cocasses. En effet, alors que sa démission était annoncée, en grandes pompes pour hier dimanche au maximum en fin de journée, Said Bouhadja, le président, en sursis, de l’APN a quitté l’hémicycle à18 heures, sans démissionner et sans même faire la moindre déclaration aux dizaines de journalistes qui le guettaient de pied de guerre devant le siège de l’APN.

C’est une véritable volte-face que vient de faire Said Bouhadja qui avait pourtant lui même affirmé quelques heures auparavant qu’il allait déposer et annoncer sa démission sans faute au maximum dimanche soir. Mais le même Said Bouhadja a pris tout le monde de court. Pas de démission et donc pas de dénouement à la crise qui en réalité ne frappe pas uniquement l’APN mais tout le régime politique qui dirige le pays. Il est difficile de croire que le silence de Abdelaziz Bouteflika face à cette crise ne cache pas un véritable mystère qui ne peut être que la face visible d’un profond malaise et qui pourrait s’avérer être aussi une guerre entre deux clans qui sont aussi puissants l’un que l’autre.

Said Bouhadja qui ne démissionne pas aurait déclaré qu’ « on » lui a ordonné de rester. Qui sont les ordonnateurs de Said Bouhadja puisqu’ils ne sont ni les patrons du FLN ni ceux du RND encore moins Abdelaziz Bouteflika. Pour que Said Bouhadja tiennent ainsi tête à tout ce rouleau compresseur, il faut vraiment que ses « supérieurs » soient de gros calibre. Autrement, il n’aurait jamais tenu aussi longtemps dans un pays où des généraux et des généraux majors, des walis et de hauts autres responsables ont été éconduits en un laps de temps record sans que personne ne puisse commenter ou dénoncer les décisions du président de la République.

Said Bouhadja est-il la carte sur laquelle tableraient les opposants un cinquième mandat de Abdelaziz Bouteflika. Tout porte à le croire. Sauf dans un seul cas. Si tout ce qui se passe à l’APN depuis quinze jours n’est qu’une comédie et une mise en scène dont Said Bouhadja serait lui-même l’un des acteurs principaux.

Tahar Khellaf